No Shtandart in Europe

No Shtandart in Europe


Le collectif international No Shtandart in Europe, qui regroupe des associations ukrainiennes, des Ukrainiens et des amis de l’Ukraine en France et à l’étranger, a été lancé en juin 2022. Il demande l’application au navire russe Shtandart (MMSI 518999255) de l’interdiction d’accès aux ports prévue par les sanctions de l’Union européenne.


2022 - Arrivée du Shtandart à La Rochelle 2

1. Sanctions portuaires européennes 2

2. Accueil du Shtandart à La Rochelle 2

3. Création du collectif No Shtandart in Europe, Espagne et mobilisation 3

2023 - Le programme du Shtandart se déroule conformément à ses prévisions 4

1. Armada de Rouen 2023 5

2. Semaine du Golfe du Morbihan 2023 6

3. Escale à Calais 2023 8

4. Saint-Nazaire 8

5. Festival des Voiles de Travail de Granville 2023 9

6. Autres escales 2023 9

7. Premiers contacts de No Shtandart in Europe avec la Commission européenne 10

2024 — Le tournant médiatique, juridique et institutionnel 11

1. Éléments sourcés relatifs à Vladimir Martus et au Shtandart documentés par la presse 11

2. Nouveaux blocages espagnols 14

3. Changement de pavillon et de propriétaire 16

4. Évolution réglementaire et judiciaire de l’affaire Shtandart 16

5. Mise en cause du porte parole de No Shtandart in Europe 20

6. Synthèse chronologique de l’année 2024 21

2025 — Une campagne européenne aux effets concrets 22

1. La controverse autour de la Semaine du Golfe 22

a) L'opposition de NSIE à la venue annoncée du Shtandart 22

b) L'enquête d'Ouest-France sur les enjeux politiques et juridiques 23

2. Annulation de la participation aux Tall Ships Races 2025 23

3. La croisière estivale internationale de 2025 et les restrictions d'accès aux ports 24

a) Saint-Malo 24

b) Jersey 24

c) Saint-Cast-Le-Guildo 25

d) Irlande 25

e) Royaume-Uni, Norvège et Danemark 26

4. Escales et tentatives d'accès contestées 26

a) Clogerhead (Irlande) 26

b) Îles Orcades (Écosse) 27

c) Hivde Sande (Danemark) 27

5. L’ordonnance du tribunal de l’Union européenne du 22 août 2025 28

6. Le passage vers la péninsule Ibérique 29

a) Espagne 29

b) Portugal 29

7. Annonce du projet de croisière Kombat-Tour 30

8. Analyses géopolitiques et démarches auprès de la Commission européenne 31

2026 — L'encadrement administratif et juridictionnel du Shtandart 33

1. De la gestion locale à l’encadrement national 33

2. L’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026 33

3. Les escales italiennes et corses empêchées 34

a) Sicile et Sardaigne 35

b) Corse 35

4. Le Monténégro confronté à l’application des sanctions européennes 35

5. Le tribunal administratif de Rennes confirme l’interdiction au fond 36

2022 - Arrivée du Shtandart à La Rochelle 

1. Sanctions portuaires européennes 

Le cinquième volet des sanctions est décidé le 8 avril 2022 à la suite des exactions russes commises à Hostomel, Boutcha, Irpin et Borodyanka.

L'UE adopte une cinquième série de sanctions contre la Russie en raison de son agression militaire contre l'Ukraine, Consilium Europa, 8 avril 2022


Ces dispositions figurent dans l’article 3 sexies bis du règlement (UE) nº 833/2014 s’appliquant à partir du 16 avril 2022.

1. Il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l'Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, et à ces navires d'accéder aux ports et aux écluses, à l'exception d'un accès aux écluses en vue de quitter le territoire de l'Union.

2. Le paragraphe 1 s'applique aux navires qui ont changé leur pavillon russe ou leur numéro d'immatriculation russe pour le pavillon ou le numéro d'immatriculation de tout autre État après le 24 février 2022. 

Règlement (UE) n ° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine, EUR-Lex 

2. Accueil du Shtandart à La Rochelle 


France3 rapporte les propos de Patrice Bernier, maître de port principal, à La Rochelle plusieurs mois avant l’arrivée du navire russe :

 "Nous demandons au commandant pour des raisons de sécurité publique d’afficher son soutien à l’Ukraine, de ne pas montrer qu’il vient militer pour la Russie, ça serait malvenu”. La Frégate russe le Shtandart attendue à La Rochelle, France3, 8 mars 2022


Le 5 juin 2022, sur Aunis TV, Ludovic Pacciarella, officier de liaison du Shtandart, explique que ce sont lui, Michel Balique, Patrice Bernier et Frédéric Bouffard, qui sont à l’origine de la venue du navire russe à La Rochelle.

Le « Shtandart » jette l'ancre à La Rochelle dès le 6 juin prochain pour la semaine du nautisme Aunis TV, 5 juin 2022


Vladimir Martus sur Ici La Rochelle affirme, le  8 juin, 2022 : " j'ai quitté définitivement la Russie il y a treize ans, parce que je ne suis pas en accord avec la politique de mon pays".

Le bateau russe le Shtandart de retour à La Rochelle, après quelques remous, Ici La Rochelle, 8 juin 2022


Le Shtandart entre dans le principal port de Charente-Maritime, le 8 juin 2022. “ A La Rochelle, le président des Amis des Grands Voiliers (Michel Balique) a dû intervenir auprès des autorités pour échapper aux sanctions européennes “.

Le Shtandart qui bat pavillon russe de retour à La Rochelle après plusieurs semaines d'errance en Méditerranée, France3, 9 juin 2022


Michel Balique explique sur France3 pourquoi le Shtandart ne serait pas concerné par les sanctions :

« Ce n’est pas un bateau qui appartient aux oligarques russes, ce n’est pas non plus un bateau de transport ni un bateau de plaisance, il s’agit d’une réplique d’un voilier historique qui était celui de la frégate de Pierre Legrand. C’est la même classe que l’Hermione et c’est sur ces arguments que nous avons joué pour obtenir les autorisations ».

Le Shtandart qui bat pavillon russe de retour à La Rochelle après plusieurs semaines d'errance en Méditerranée, France3, 9 juin 2022


Actu.fr : « le capitaine du Shtandart, Vladimir Nautus (Martus), est un opposant au régime de Vladimir Poutine. Originaire de Russie, il a quitté son pays en 2009 et voyage depuis sur les mers du monde entier »

La Rochelle : le navire russe « Shtandart » enfin autorisé à accoster, après des semaines d’errance, Actu.fr, 11 juin 2022

3. Création du collectif No Shtandart in Europe, Espagne et mobilisation 


Le 12 juin 2022, des membres de la diaspora ukrainienne et des personnes déplacées d’Ukraine protestent devant le Shtandart contre sa présence dans le port de La Rochelle. Cette manifestation constitue l'un des événements à l'origine de la création du collectif No Shtandart in Europe.

La Rochelle : des Ukrainiens manifestent contre la présence du « Shtandart », Sud-Ouest, 13 juin 2022


Le 10 juillet 2022, Javier H. Rodriguez, du Faro de Vigo, affirme que les sanctions européennes s'appliquent au Shtandart et évoque un contournement du règlement de l'Union européenne. L'article cite Bernard Grua, porte-parole de No Shtandart in Europe, qui conteste notamment le récit selon lequel Vladimir Martus aurait quitté la Russie en 2009 pour des motifs politiques.

Una fragata rusa capea las sanciones y se dirige a Vigo, El Faro de Vigo, 10 juillet 2022


L’Asociación de Ucranianos de Galicia-Girasol de Vigo manifeste le 22 juillet 2022 contre la participation du Shtandart à la Ruta Iacobus Maris en invoquant une “ violation flagrante du cinquième volet des sanctions européennes “ et en dénonçant le Shtandart comme un instrument de “ guerre hybride”.

La Asociación de Ucranianos de Galicia-Girasol  ha realizado un acto contra la próxima llegada de la fragata rusa  Shtandart, Galici@Press, 23 juillet 2022. 


Finalement, le Shtandart n’est pas autorisé à participer au festival de La Ruta Iacobus Maris de Vigo. Il peut néanmoins accoster le long d’un quai éloigné de l’événement car il a des mineurs à bord.

La fragata rusa Shtandart responde a los ucranianos que ellos también son perseguidos por el Kremlin, Galici@Press, 24 juillet 2022


L’Asociación de Ucranianos de Galicia-Girasol porte plainte contre la capitainerie de Vigo pour avoir malgré tout autorisé cet accostage. 

Refugiados de Ucrania denuncian al Puerto de Vigo por violar las sanciones a Rusia,  Galici@Press, 28 juillet 2022


Le 30 juillet 2022 Galici@Press publie une tribune de No Shtandart in Europe: « La fable anti-Poutine qui a permis à la frégate russe Shtandart d'accoster en Galice ».

La fábula anti-Putin que permitió a la fragata rusa Shtandart atracar en Galicia,  Galici@Press, 31 juillet 2022


Des membres du collectif manifestent à Camaret, le 15 août 2022, devant le Shtandart et contre sa participation au Voiles de Camaret 2022.

Le conflit russo-ukrainien s’invite aux fêtes maritimes de Camaret-sur-Mer, Le Télégramme, 15 août 2022

Manifestation autour d’un bateau russe en escale à Camaret-sur-Mer, Ouest-France, 16 août 2022


Le 26 août 2022, le porte-parole de No Shtandart in Europe explique, à Grad TV, média régional d’Odessa, Ukraine, la vision et les enjeux du collectif.

Французький активіст Бернар Грюа відвідав Одесу, Grad TV, 26 août 2022


France3 : « Dimanche 11 décembre, l'association Ukraine-Atlantique et le collectif No Shtandart in Europe ont manifesté, à La Rochelle, contre la présence de la frégate russe stationnée dans le port. Les manifestants dénoncent un accueil illégal. » Pour l'association Ukraine-Atlantique, "le viol des sanctions avec les encouragements du maire de La Rochelle et du préfet de Charente-Maritime n’est plus tenable."

Des manifestations contre la présence de la frégate russe « Shtandart » à La Rochelle, France3, 20 décembre 2022


2023 - Le programme du Shtandart se déroule conformément à ses prévisions 

Au cours de l’année 2023, le Shtandart reste en France 

1. Armada Rouen 2023

Le 8 janvier 2023, sur Paris-Normandie, Benoît Marin-Curtoud expose : « Tout récemment, il (Bernard Grua, porte-parole de No Shtandart in Europe) a écrit — et l’a fait savoir au président de l’Armada (de Rouen) Jean-Paul Rivière — pour souligner que l’Europe a décidé qu’« il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situées sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union. »   » Armada 2023 : à Rouen, le navire russe « Shtandart » cible d’une polémique, Paris-Normandie, 8 Janvier 2023


Ce même journaliste ajoute: « L’homme (Bernard Grua) va plus loin, affirme que le capitaine du navire — contrairement aux positions publiques de ce dernier — « entretient des liens étroits avec le pouvoir russe »  »

Armada 2023 : à Rouen, le navire russe « Shtandart » cible d’une polémique, Paris-Normandie, 8 Janvier 2023


Il présente aussi la réponse de Michel Balique, président de l'association Amis des Grands Voiliers : « Cette polémique est complètement idiote et ridicule… Le cas de ce navire est particulier : son capitaine Vladimir Martus a construit cette réplique mais a fui son pays en 2009 après l’invasion russe de la Géorgie. Il ne voulait plus y rester et s’il y retournait avec son navire, il craint qu’il ne soit saisi. »

Armada 2023 : à Rouen, le navire russe « Shtandart » cible d’une polémique, Paris-Normandie, 8 Janvier 2023


L’invasion de la Géorgie a eu lieu en août 2008. Le Shtandart a quitté la Russie à l’automne 2009.


20 Minutes précise le 9 Janvier 2023 :  « Bernard Grua, militant contre la guerre entre la Russie et l’Ukraine, a envoyé ce vendredi une lettre ouverte aux organisateurs de L’Armada de la Liberté 2023 organisée du 8 au 18 juin à Rouen (Seine-Maritime). »

Rouen : Une lettre ouverte contre l’accueil d’un voilier russe à l’Armada de la Liberté 2023 20 Minutes, 9 Janvier 2023  


Joce Hue sur 76Actu, dans la perspective de l’Armada 2023, examine le règlement européen et montre pourquoi le Shtandart est sujet aux mesures restrictives portuaires. Il cite Bernard Grua porte-parole du collectif No Shtandart In Europe regroupant selon lui « les principales organisations ukrainiennes en France »  Vladimir Martus serait un as de la récupération, tenant un double discours en “entretenant des liens avec la Russie de Poutine et en utilisant ses mésaventures pour se faire passer pour un opposant et conserver ses affaires en Europe de l’Ouest.”

Armada 2023. Polémique sur la venue d'un navire russe : « Mon bateau est un réfugié politique », Actu.fr, 10 Janvier 2023 


Toujours selon Joce Hue, Bernard Grua est vent debout contre lui (Vladimir Martus) et son bateau, dénonçant une mystification : « Son soi-disant anti-poutinisme est une fable sans réelle signification. Il instrumentalise l’aide humanitaire aux populations ukrainiennes victimes de la guerre russe. Mon opinion est que le Shtandart est protégé par le pouvoir russe et l’administration présidentielle et que Vladimir Martus… est a minima un agent du soft power russe…le Shtandart est illégal dans les eaux européennes…Cette pratique du fait accompli ne peut pas faire jurisprudence ».

Armada 2023. Polémique sur la venue d'un navire russe : « Mon bateau est un réfugié politique », Actu.fr, 10 Janvier 2023


Sur Libération, le 14 janvier 2023, Vladimir Martus explique les annulations d’escales 2022 à Sète, Castellón de la Plana et Bordeaux : « Ces déprogrammations sont appuyées par un petit collectif d’Ukrainiens en France et la participation très active d’un Français, Bernard Grua ».

Reportage Le «Shtandart», le voilier russe en mal d’amarres dans les ports français, Libération, 14 Janvier 2023


Dans le même article, Michel Balique explique, selon lui, pourquoi le Shtandart n’est pas concerné par les sanctions européennes : «Ce n’est ni un bateau militaire russe ni un bateau lié à l’Etat russe, puisqu’il appartient à une association à but non lucratif. Il n’est pas non plus aux mains d’un oligarque, il a donc pleinement le droit de rester dans les ports français.» Il est aussi précisé que Bernard Grua assure par ailleurs que le Shtandart a des «liens» entre «le régime de Vladimir Poutine» et Vladimir Martus, qui «n’est pas l’opposant que l’on tente de vous faire croire».

Reportage Le «Shtandart», le voilier russe en mal d’amarres dans les ports français, Libération, 14 Janvier 2023


Le 16 février 2023 des citoyens lorientais et des Ukrainiens se rassemblent en solidarité avec la manifestation devant se tenir deux jours après à Rouen contre la présence du Shtandart à l’Armada 2023.

À Lorient, des citoyens mobilisés contre la venue en France d’un bateau russe, Le Télégramme, 16 février 2023 


L’Ukraine-Normandie Association (UNA) et le collectif No Shtandart in Europe tiennent une manifestation à Rouen, le 18 février 2023, contre la venue programmée du Shtandart à l’Armada 2023

 À Rouen, des manifestants protestent contre la venue d’un bateau russe à l’Armada, Ouest-France, 18 février 2023

Des Ukrainiens manifestent à Rouen : "Pas de bateau russe à l'Armada", Actu.fr, 18 février 2023


Selon le quotidien Sud-Ouest : “ Une trentaine de personnes participait à un rassemblement de solidarité et de protestation (à Saintes, le 18 février 2023) contre la présence d’une frégate russe, le « Shtandart », dans le port de La Rochelle.” 

Saintes : ils veulent évincer le bateau russe basé à La Rochelle, Sud-Ouest, 19 février 2023

La Rochelle. Nouvelle mobilisation contre la présence du Standhart dans le port, Actu.fr, 21 février 2023

2. Semaine du Golfe du Morbihan 2023

Le 5 mars 2023 : Considérant que la présence du bateau russe à la Semaine du Golfe « viole le cinquième volet des sanctions pris à la suite des massacres russes de Boutcha en Ukraine », le collectif No Shtandart In Europe indique avoir « adressé deux courriers aux organisateurs du festival ». Courriers « restés sans réponse », est-il précisé. Pour se faire entendre et protester contre la venue du Shtandart à Vannes, le collectif a prévu de se mobiliser dans la ville-préfecture du Morbihan. L’occasion notamment de montrer « les liens étroits de Vladimir Martus, faux opposant et capitaine-propriétaire du Shtandart, avec l’administration présidentielle russe. »

Vannes : ils se mobilisent contre la venue d'un bateau russe à la Semaine du Golfe, Actu.fr, 5 mars 2023


Raphaël Baldos du journal La Croix publie un article, le 18 mars, qui examine les arguments de No Shtandart in Europe, les textes et les propos des organisateurs. Il questionne aussi la Commission européenne. Il conclut que si le règlement européen confirme l’interdiction portuaire, il semble bien qu’un courrier de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) rende possible la participation du navire russe à la Semaine du Golfe.

Dans le Morbihan, un collectif s’oppose à la venue d’un navire russe,  La Croix, 18 mars 2023

Avis de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières concernant le Shtandart à la Semaine du Golfe, DNRED, 23 janvier 2023


Ouest-France rend compte de la manifestation s’étant tenue à Vannes le 18 mars contre la participation prévue du Shtandart à la Semaine du Golfe 2023. « À l’invitation du collectif No Shtandart in Europe, une vingtaine de personnes a défilé en fin de matinée. Au grand dam d’habitués de la fête maritime, choqués par cette polémique qu’ils jugent stérile ». Ouest-France montre aussi que l’extrême droite soutient le Shtandart et Vladimir Martus. 

À Vannes, le bateau russe continue de faire des vagues et d’être récupéré de tous côtés, Ouest-France, 18 mars 2023


Le Télégramme de son côté, indique : “Bernard Grua, le porte-parole du collectif No Shtandart in Europe, a rappelé que le règlement de l’Union européenne interdit la présence de navires russes dans les ports européens, depuis le 16 avril 2022.” 

À Vannes, ils manifestent contre la présence du bateau russe Shtandart à la Semaine du Golfe, Le Télégramme, 18 mars 2023


France3, rapporte des propos collectés à l’occasion de le la manifestation s’étant tenue à Vannes le 18 mars 2023. “On (collectif No Shtandart in Europe) n'est pas là pour polémiquer mais pour rappeler les textes européens, notamment un article qui interdit la présence de tout navire russe dans les ports européens. (...) Ce n'est pas du troll ou de la politique, c'est du simple civisme”... “Nous demandons aux organisateurs de la Semaine du Golfe d'agir moralement - puisque ces sanctions ont été prises suite au massacre de Boutcha - et d'agir en tant que citoyens, en respectant la loi européenne qui s'impose à tous.”"

Journal 19/20, France 3 Bretagne, 18/03/2023


France3 a aussi interrogé Vladimir Martus :

"M. Grua tente de ruiner les efforts de tous. Je ne vois pas d'explication raisonnable à ça, assène Vladimir Martus, désabusé. Ce monsieur est en train de gâcher le festival pour le public français, et gâche aussi l'argent du contribuable."”

Bernard Grua répond :

"Il se compare aux Ukrainiens victimes de Poutine et c'est inacceptable… Vladimir Martus possède un yacht de 34 mètres, se déplace où il veut, a un domicile à Saint-Péterbourg où il peut retrouver sa femme et ses enfants quand il le souhaite. Il vit une vie libre sur les mers, c'est un yachtman qui prend du bon temps et qui se fait payer par différentes organisations pour réparer son bateau. Alors qu'ici, il y a des gens qui ont tout perdu, leur maison, y compris des membres de leurs familles."

Journal 19/20, France 3 Bretagne, 18/03/2023


Ouest-France, 24 mars 2023 : “ Le bateau russe, Shtandart , a été autorisé à participer, ce qui ne plaît pas à tout le monde. Un collectif No Shtandart in Europe veut empêcher la présence de la frégate russe à la Semaine du Golfe”. 

Gérard d'Aboville, commissaire général de l'événement réplique : 

« Cette polémique n’a pas lieu d’être. Nous sommes des marins qui organisent une fête pour d’autres marins. Le Shtandart est un très beau bateau, qui plaît au public. ”

Morbihan. 1 390 bateaux pré-inscrits pour la Semaine du golfe, Ouest-France, 24 mars 2023 


Le 15 mai 2023, Me Thierry Clerc, envoie une mise en demeure à Bernard Grua pour le compte de Gérard d'Aboville, Commissaire général de la Semaine du Golfe. Il qualifie de diffamatoire la mention du fait que la présence du navire à cet événement est “ illégale” et est présentée comme une “fraude” au règlement européen. Il indique que le nom “La Semaine du Golfe” est une marque déposée. En conséquence, il en interdit l’usage, en clair, sous forme de hashtag ou de lien par le destinataire de son courrier et exige sa suppression de toute publication passée ou à venir. Il en est de même pour le nom de Gérard d'Aboville, “faute de quoi des poursuites seraient engagées”. 

Mise en demeure adressée au porte-parole de No Shtandart in Europe pour le compte de la Semaine du Golfe, Me Thierry Clerc, 15 mai 2023


France 3, s’exprime sur la deuxième manifestation du collectif, s’étant tenue le 18 mai 2023 pendant la Semaine du Golfe : 

“ Que ce navire soit présent, c’est inacceptable et c’est illégal” lâche Bernard Grua porte-parole du collectif No Sthandart in Europe…  Depuis des semaines, le collectif manifeste contre l’accueil de la frégate russe sur la semaine du Golfe… “Nous n’avons aucun droit d’interdire à ce bateau de participer à la Semaine du Golfe” affirme Poulig Belenfant, coordinateur général de la fête maritime. “Nous avons interrogé l’Etat dès le 23 janvier 2023 [DNRED], la réponse est claire. Le Shtandart ne fait pas partie des sanctions contre la Russie.”...  Mais de l’autre côté l’affirmation est différente : “Vladimir Martus, le capitaine du Shtandart est proche du pouvoir russe. Il a représenté le régime russe dans une mission officielle sous le patronage de Poutine” accuse Bernard Grua, organisateur de la manifestation. Pour lui, les positions anti-russe du capitaine du navire ne sont pas compatibles à son passé… 

Un son de cloche que réfutent les organisateurs de la semaine du Golfe. “Le capitaine a affiché publiquement son opposition au régime et à la guerre en Ukraine. S’il rentre en Russie, il sera confisqué par l’Etat russe. Son port d'attache est d'ailleurs à La Rochelle”.  

À Vannes, ils manifestent contre l'accueil de la frégate russe Shtandart pour la Semaine du Golfe, France 3, 18 mai 2023

VIDEO. Semaine du Golfe 2023. “Le Shtandart affiche son pavillon russe, c’est inacceptable”, France 3, 18 mai 2023

3. Escale à Calais 2023

Le Journal Nord Littoral interroge Marcel Carpentier, président de la FRCPM, et organisateur d’ “Escale à Calais” du 23 au 25 juin. Il lui demande :  “ D’où viendraient alors les allégations de Bernard Grua?” Celui-ci lui répond : “Je ne sais pas d’où ça sort…” Il ajoute, plus loin :  “Nous travaillons avec une boîte de sécurité privée, l’opération Sentinelle sera sur site, et nous avons passé une convention avec la police. S’il y a des fauteurs de troubles, ils seront exclus du site. Quant à moi je ne changerai rien, j’ai bien l’intention de faire l’inauguration à bord du Shtandart, comme prévu. “

Escale à Calais. Pour Marcel Charpentier, le capitaine du Shtandart n’est pas pro-Poutine, Nord Littoral, 14 Juin 2023


Ce même quotidien, Nord-Littoral, publie, le 19 juin 2023, l’explication du préfet du Pas-de-Calais concernant la présence du navire russe au festival Escale à Calais :

 « Le navire Shtandart est considéré comme un navire de construction traditionnelle, ce qui l’exclut de facto des navires soumis au champ d’application du règlement (qui interdit aux navires russes de s’arrêter dans les ports français, ndlr). »

La Préfecture répond à la polémique autour du passage du Shtandart à Calais, Nord Littoral, 19 Juin 2023

 

4. Saint-Nazaire 

Le Shtandart prévoit une escale à Saint-Nazaire. Le journal Presse Océan rapporte les propos de Bernard Grua :

« Je dois rappeler au maire et au préfet qu’ils vont recevoir ce navire dans la plus complète illégalité si on se réfère à l’un des articles de l’Union européenne sur les sanctions à l’égard des navires russes...Malgré les discours tenus, il représente le pouvoir russe. Même si son capitaine prétend le contraire, nous savons, entre autres, que moins de six mois avant le début de l’invasion de l’Ukraine, le navire a participé à une expédition en mer Égée financée par le Fonds de subvention de l’administration présidentielle russe. Pour nous, ce bateau aurait dû quitter les ports en France depuis le mois d’avril 2022. ». 

Le maire David Samzun rappelle le règlement européen et son opposition à l’escale mais il n’a pas autorité sur les installations portuaires : « il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union. » 

Communiqué de presse de la mairie de Saint-Nazaire concernant la venue du Shtandart, David Samzun, 16 août 2023

La venue du Shtandart interroge à Saint-Nazaire, Ouest-France, 16 août 2023

Venue du navire russe Shtandart à Saint-Nazaire : « Nous dénonçons la guerre », assure la frégate, Ouest-France, 16 août 2023 


Presse Océan/ Ouest-France, rend compte de l’escale du Shtandart à Saint-Nazaire. “Ce jeudi 17 août 2023 au matin, le Shtandart a franchi l’écluse sud avant de s’amarrer quai du Commerce...  Deux membres du collectif No Shtandart in Europe sont présents sur le quai pour dénoncer l’escale de ce navire immatriculé en Russie... Sur le quai, Liliana fulmine.  “ Il faut appliquer la loi”, dit-elle, drapeau ukrainien en main après avoir déployé des panneaux dénonçant la guerre menée par la Russie dans son pays.  “Je suis Ukrainienne. Regardez ce qu’ils font avec ma terre” , lâche l’intéressée sous l’œil du porte-parole du collectif Bernard Grua…”

Le navire russe « Shtandart » fait sensation… et débat, dans le port de Saint-Nazaire, Presse Océan/ Ouest-France, 17 août 2023 

5. Festival des Voiles de Travail de Granville 2023

Arthur Quentin, journaliste au quotidien Ouest-France fait part de l’opposition du collectif No Shtandart in Europe à la participation du navire russe au Festival des Voiles de Travail de Granville. L’article présente les aspects réglementaires interdisant sa présence dans les ports français. Il explique les accostages du Shtandart par le document émis par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED).

Le navire russe « Shtandart » a-t-il le droit d’entrer dans les ports français ?, Ouest-France, 23 août 2023

Avis de la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières concernant le Shtandart à la Semaine du Golfe, DNRED, 23 janvier 2023


Selon La Manche Libre : 

Le Shtandart fait escale à Granville pour participer aux Voiles de travail. Le collectif No Shtandart In Europe accuse ce navire de violer les sanctions européennes.  Mercredi 23 août, la préfecture de la Manche s'est exprimée sur le sujet. « Le Shtandart, réplique historique d’un bâtiment, est un navire privé géré par une association à but non lucratif. Il n’entre pas dans le cadre des sanctions en vigueur de l’Union européenne ou des Nations unies, sanctions dont la mise en œuvre est suivie avec attention par les services de l’État »  

Patrimoine. Navire russe à Granville : la préfecture s'exprime, La Manche Libre, 28 août 2023


"On est dans la libre circulation des biens et des personnes. On n'a pas demandé d'autorisation pour recevoir le Shtandart." Didier Le Guelinel, Fondateur du Festival les Voiles de Travail 

Guerre en Ukraine. Un navire russe de retour en Normandie, malgré les sanctions européennes, France 3, 23 août 2023

6. Autres escales 2023

Fin août - début juin 2023, plusieurs escales sont prévues. Le Télégramme du 28 août 2023 : “Selon le site du voilier, le Shtandart devait quitter Granville (Manche), ce lundi, pour rallier Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), le 3 septembre, après des escales effectuées à Brest ou Concarneau (29), puis Belle-Ile (56), Quiberon (56) et l’île d’Yeu (Vendée). Selon le collectif « No Shtandart in Europe », « la présence du Shtandart dans un port français est prohibée par le cinquième volet des sanctions européennes pris à la suite des massacres russes de Boutcha (Ukraine).  »

Bientôt de passage en Bretagne, la frégate russe Shtandart fait (de nouveau) des vagues, Le Télégramme, 28 août 2023


En septembre 2023, le Shtandart est en escale aux Sables d’Olonne où son pavillon russe surprend. Ouest-France expose : 

« Un collectif, intitulé « No Shtandart in Europe », milite contre l’accueil du bâtiment dans les ports français en raison de son pavillon russe. Pour le collectif, il est « interdit au titre des sanctions internationales » prises à l’encontre de la Russie. Mais la qualité de bateau du patrimoine est un atout pour le navire. » 

Aux Sables-d’Olonne, le pavillon russe du Shtandart surprend, Ouest-France, 5 septembre 2023


Gianni Castillo, journaliste à la radio Hit West expose, le 5 septembre 2023, les motifs qui font que le Shtandart entre dans le champ des sanctions européennes.

La Rochelle. Peut-on autoriser l'entrée du navire russe "Shtandart" dans les ports français ?, Hit West, 5 septembre 2023

7. Premiers contacts de No Shtandart in Europe avec la Commission européenne 

La Commission  européenne répond à Bernard Grua le 28 juin 2023 en lui disant qu’elle est en contact avec les autorités françaises. Ceci fait suite à un courrier adressé à David O’Sullivan, Envoyé spécial de l’UE pour les sanctions, le 11 mai 2023. Le porte-parole du collectif lui demandait de l’aide concernant “le navire russe Shtandart fraudant les sanctions européennes”.

Réponse de la Commission européenne concernant le Shtandart et les sanctions, RELEX-SANCTIONS, 28 juin 2023


Au cours de l’année 2023, même s'il a été parfois entendu par la presse, le collectif No Shtandart in Europe semble bien n’avoir obtenu aucune annulation d’escale du Shtandart ni aucune annulation de sa participation à des évènements maritimes.


2024 — Le tournant médiatique, juridique et institutionnel

1. Éléments sourcés relatifs à Vladimir Martus et au Shtandart documentés par la presse


Au cours du mois de mars 2024, Laetitia Jacq-Galdeano du quotidien Ouest-France publie une série d’articles qui, s’appuyant sur des sources russes, livre des informations sur le Shtandart et Vladimir Martus qui n’avaient pas été publiées par d’autres médias français.


Ouest-France commence, le 8  mars 2024, par annoncer que la bienveillance française, dont bénéficierait le Shtandart serait une exception en Europe, selon le collectif No Shtandart in Europe. « Son interdiction a été mise en œuvre dans tous les autres pays européens »… Ce collectif, opposé à la présence du Shtandart en France, est à l’origine de nombreuses manifestations précédant l’arrivée du navire…. Depuis 2022, il suspecte son capitaine… d’être proche du  Kremlin…Inquiet de « la désactivation de l’AIS » (Automatic Identification System) du Shtandart qui permet, depuis juin 2022, de le rendre invisible lorsqu’il quitte La Rochelle (son port d’attache depuis 2022), le collectif No Shtandart Iin Europe suspecte cette frégate… de pouvoir faire « une excellente plateforme de renseignements ». Mais il prêche dans l’océan. »

Quel est ce navire russe qui s’amarre dans les ports français alors qu’il n’est pas le bienvenu ?, Ouest-France, 8  mars 2024 


Le 9  mars 2024, Ouest-France indique que le Shtandart sera de nouveau présent à Paimpol (Côtes-d’Armor) à l’occasion de la Fête des Vieux Gréements, du 23 au 25 août 2024. Il ajoute que cette annonce n’a pas manqué de faire réagir le collectif international de lanceurs d’alerte à commencer par Bernard Grua, son porte-parole :

 “D’un point de vue légal, on a le 5e volet des sanctions européennes, pris à la suite des massacres russes de Boutcha. À ce titre, l’article 3 sexies bis du règlement européen n° 833/2014 explique très clairement qu’il est interdit de donner accès, après le 16 avril 2022, aux ports et, après le 29 juillet 2022, aux écluses situés sur le territoire de l’Union, à tout navire immatriculé sous pavillon russe, à l’exception de l’accès aux écluses pour quitter le territoire de l’Union”.  

Il est mentionné par le porte-parole qu’un règlement, “à la différence des directives européennes, a force de loi. Il n’a pas besoin d’être pris dans une législation nationale.»

Pourquoi la venue de ce navire russe à la Fête des vieux gréements de Paimpol fait-elle parler ?, Ouest-France, 9  mars 2024  


De son côté, la préfecture des Côtes-d’Armor répond, dans le même article, qu’elle ne s’oppose pas à la venue de la frégate russe à l’occasion de la Fête des Vieux Gréements.  Selon elle : 

“Le Shtandart, navire patrimonial russe, est un navire-école qui n’est pas assimilé à un « navire de plaisance » ni à un « navire de charge », ce qui de facto l’exclut des catégories de navires soumis au champ d’application du règlement (UE) 833/2014 modifié.»

Pourquoi la venue de ce navire russe à la Fête des vieux gréements de Paimpol fait-elle parler ?, Ouest-France, 9  mars 2024 


Michel Balique déclare à Ouest-France, le 29 mars 2024 : 

« J’ai écrit à la direction générale de la Marine qui a pris en considération ce cas particulier… Il m’a été confirmé que le bateau n’entre pas dans les catégories de navire visées par les sanctions européennes : il n’appartient ni à l’État russe, ni à un oligarque russe. C’est un navire associatif. En juin 2022, le cabinet de l’ex Première ministre, Élisabeth Borne, a transmis à tous les préfets l’autorisation de naviguer pour le Shtandart. » Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024


Il est néanmoins rappelé que le règlement européen n’interdit pas la navigation des navires sous pavillon russe dans les eaux territoriales de l’Union. Il s’agit d’une interdiction d’accostage dans les ports.

Règlement (UE) n ° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine, EUR-Lex 


Ouest-France conteste le caractère associatif du Shtandart. Il montre que 

le navire russe est une entreprise commerciale basée à Saint-Pétersbourg sous le nom de Shtandart Project et dirigée par Vladimir Martus. Elle est aussi inscrite au registre du commerce de Hambourg (Allemagne) sous le nom de Martus TV GmbH.

Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024  


Le quotidien souligne les liens du Shtandart avec le régime russe. Il expose qu’une semaine avant l’invasion de l’Ukraine, dans un entretien accordé au média russe K1News.ru  le Shtandart a été inclus par l’ambassadeur russe en Grèce, Andréi Mastov, dans la liste des outils diplomatiques qui permettaient de célébrer les liens entre la Grèce et la Russie.

Андрей Маслов: для антироссийской пропаганды почва в Греции не благоприятна - Афинский Курьер,  Courrier d’Athènes, 18 février 2022 

Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024


Ouest-France rappelle qu’en octobre 2021, le navire a participé à une « expédition historique et pédagogique internationale (en mer Egée) menée par la Société russe de géographie » dont le conseil d’administration est présidé par Vladimir Poutine. Selon les confidences de l’ambassadeur Andréi Mastov, c’est « le président de la Fédération de Russie » lui-même qui a payé la mission par « une subvention […] fournie par le Fonds des subventions présidentielles ».

The Butterfly Effect: Why the Appearance of the Russian Sailing Frigate Excited Greece, Société russe de géographie, 1 novembre 2021 

Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024 


Le quotidien rapporte que Jean-Pierre Pasternak, président de l’Union des Ukrainiens de France, évoque l’existence « d’agents d’influence (russes) dans tous les domaines de l’administration française ». Elle ajoute que Bernard Grua, porte-parole du collectif lanceur d’alerte No Shtandart in Europe, estime que le Shtandart est « un outil phénoménal de propagande impérialiste russe » qui a bénéficié « en France, des réseaux russes au sein de l’appareil d’État ».

Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024  


Enfin, le même article fait part de l’opposition du Quai d’Orsay à la présence du Shtandart dans les ports français. Il détaille : 

“Dans un mail rédigé « à la demande de la secrétaire générale, Anne-Marie Descôtes », le Quai d’Orsay a estimé que « d’un point de vue juridique », les sanctions européennes « pourraient s’appliquer à ce bâtiment, à moins qu’il ne soit souhaité d’y faire exception en opportunité ». Il alertait aussi sur « le profil du capitaine (qui) ne semble pas justifier une telle dérogation ». En pure perte”. 

Le navire russe Shtandart, autorisé à s’amarrer dans les ports de France, embarrasse ses protecteurs, Ouest-France, 29  mars 2024 


Après avoir nié le caractère associatif du Shtandart et souligné ses lien avec le pouvoir russe, Ouest-France, dans un nouvel article publié le même jour, remet en question l’argument d’exil politique qui aurait motivé le départ du Shtandart de Russie :

« En réalité, le différend qui a motivé la fuite du Shtandart en 2009, en Norvège est d’ordre administratif, et non politique, comme le raconte le site de la Komsomolskaïa Pravda [Komsomolskaïa Pravda,  4 novembre 2009]. Et comme le reconnaît lui-même Vladimir Martus auprès du site russe Fontanka [Fontanka,  21 juillet 2020]. 

En 2020, la Komsomolskaïa Pravda annonce d’ailleurs le retour en grâce du navire et de son capitaine au moment même où la Société russe de géographie, dont le conseil d’administration est présidé par Vladimir Poutine, lance une mission à laquelle le Shtandart va participer à l’automne 2021 [Komsomolskaïa Pravda,  20 juillet 2020] . »

Opposant ou propagandiste de Poutine, qui est le capitaine du Shtandart invité en Bretagne ?, Ouest-France, 29  mars 2024

«Штандарт» поступает нестандартно,  Komsomolskaïa Pravda,  4 novembre 2009

«Когда российский корабль не может зайти в Россию — это непорядок»: капитан «Штандарта» о пути домой длиной в 11 лет, Fontanka,  21 juillet 2020

Легендарный фрегат «Штандарт» может вернуться в Санкт-Петербург из изгнания,  Komsomolskaïa Pravda,  20 juillet 2020



Les articles russes mis en lien par Ouest-France montrent que le litige technique est terminé en juillet 2020 et que le Shtandart peut librement rentrer en Russie sans risquer de poursuites. 


Les quatre articles du quotidien Ouest-France apportent des éléments permettant de compléter le discours généralement tenu, jusqu'à cette date, sur le Shtandart. L’approche retenue a été celle d'une enquête documentaire sourcée.


En octobre 2024, en Ukraine, le porte-parole du collectif donne une interview sur le Shtandart à Ukraine Crisis Media Center [Ukraine Crisis Media Center, 15/10/2024] et à d’autres médias [TvGalychyna, 10/10/2024] [Телерадіокомпанія - ВЕЖА, 11/10/2024]. Il anime aussi des conférences dans des universités [Université nationale des Carpates Vasyl Stefanyk, 14/10/2024] [Université du Roi Daniel, 18/10/2024]. Il explique les motifs et les actions menées pour l’application des sanctions portuaires.

Que fait le "Shtandart" russe en France? - avec Bernard Grua, Ukraine Crisis Media Center, 15/10/2024

Російські впливи на політику і культуру сучасної Франції, TvGalychyna, 10/10/2024

Бернар Груа - No Shtandart In Europe / Ні Штандарту у Європі, Телерадіокомпанія - ВЕЖА, 11/10/2024

Conférence donnée par l'activiste français Bernard Grua aux étudiants du département de philologie française, Université nationale des Carpates Vasyl Stefanyk, 14/10/2024

Бесіда з проукраїнським активістом Бернардом Груа, Université du Roi Daniel, 18/10/2024

2. Nouveaux blocages espagnols


Fin février 2024, No Shtandart in Europe alerte les autorités, les médias et les associations ukrainiennes sur la venue prochaine du Shtandart en Espagne.

Activistas advierten que Shtandart, que arriba a puertos gallegos, es “objetivo legítimo” para el ejército de Ucrania, Galici@Press, 7  mars 2024


Le 27 mars 2024, Oksana Vovk Simon, présidente de l'association ukrainienne “Kalyna” de Castellón, appuyée par 24 sources primaires mises en référence, explique comment a été obtenu l’interdiction de participation du Shtandart à “Escala a Castellón”. Selon elle, le Shtandart est un instrument de propagande russe, il peut rentrer librement dans son pays d'origine depuis 2020, il a des liens documentés avec le régime russe, il est dans le champ des sanctions européennes, il a désactivé son AIS depuis le 6 juin 2022.

 "El Shtandart es una herramienta de propaganda rusa y tiene la entrada prohibida en cualquier puerto europeo", Castellón información, 27  mars 2024


En substitution à Castellón, le Shtandart prévoit de faire une escale à Dénia du 5 au 8 avril 2024. L’accostage lui est interdit. 

El vaixell rus Shtandart no atracarà a Dénia, Marina Alta, 6 avril 2024


Plus tard, l’Asociación De Axuda Para Ucraína, AGA-Ucraína, alerte la capitainerie du port de Vigo sur l’arrivée du Shtandart dans ce port pour participer à la Iacobus Maris Experience à compter du 24 juin 2024. Elle rappelle le règlement européen et la décision PESC du 24 juin 2024. Elle informe du changement de pavillon du navire et mentionne ses liens avec le régime russe. Elle expose les incidents causés à Brest par le Shtandart au cours de ce même mois de juillet. Elle recommande une alerte à destination de toutes les autorités portuaires espagnoles.

A Ukrainian association denounces the arrival of the Russian frigate 'Shtandart' to the port of Vigo, Counting Stars, 22 juillet 2024


En conséquence, les autorités espagnoles signalent au Shtandart qu’il est interdit d’escale dans l’ensemble des ports espagnols [Counting Stars, 24 juillet 2024]. Vladimir Martus en informe RIA Novosti, l’agence d’État russe d’information [RIA Novosti, 24 juillet 2024]. L’information est reprise par d’autres agences telles TASS et RBC. Elle est aussi partagée par l’agence nationale d’information ukrainienne, Ukrinform  [Ukrinform, 24 juillet 2024] et par Radio Svoboda (RFE/RL)  [Radio Svoboda (RFE/RL), 24 juillet 2024] Ukrainian Shipping Magazine, Black Sea News, Polit Dumka…

Spain vetoes the Russian frigate 'Shtandart', which intended to reach Vigo, in all its ports, Counting Stars, 24 juillet 2024

Испания вслед за Францией отказала российскому фрегату в заходе в порт, RIA Novosti, 24 juillet 2024

Російський вітрильник «Штандарт» не пускають до портів Іспанії - капітан, Ukrinform, 24 juillet 2024

Российский парусный фрегат "Штандарт" не пустили в порты Испании, Radio Svoboda (RFE/RL), 24 juillet 2024


Le Shtandart est expulsé des eaux territoriales espagnoles et interdit d’y revenir le 27 juillet 2024 en raison d’un mouillage non annoncé, radio et AIS déconnectés, dans la ria de Arousa.

Expulsan de aguas españolas a un velero ruso que fondeó en Galicia sin permiso, El Mundo, 27 juillet 2024


Le 30 juillet 2024, le Shtandart est autorisé à faire une escale de ravitaillement dans le port de Cee (Espagne) avant de faire route, selon ses dires, vers Belfast [Moscow Times, 30 juillet 2024].  En réalité, il se dirigera vers La Rochelle [Capital / AFP, 7 août 2024]. 

Spain Allows Russian Sailboat to Make Port Call Despite Sanctions, Moscow Times, 30 juillet 2024

Le voilier russe Shtandart défie les sanctions et fait escale… à La Rochelle, Capital / AFP, 7 août 2024

3. Changement de pavillon et de propriétaire

Le Télégramme, le 23 avril 2024, cite le bureau de la représentation de l‘État et de la communication interministérielle :« Le Shtandart n‘est plus autorisé à faire escale en France sauf s’il change de pavillon. Il s’agit d’une décision interministérielle qui date de mi-avril » Vieux gréements : le voilier russe Shtandart interdit de séjour à Paimpol et en France, Le Télégramme, 23 avril 2024


Le paragraphe 2 de l’article 3 sexies bis du règlement (UE) nº 833/2014 précise pourtant : 

“ 2. Le paragraphe 1 (interdiction portuaire) s'applique aux navires qui ont changé leur pavillon russe ou leur numéro d'immatriculation russe pour le pavillon ou le numéro d'immatriculation de tout autre État après le 24 février 2022.”

Règlement (UE) n ° 833/2014 du Conseil du 31 juillet 2014 concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine, EUR-Lex 


Le 6 juin 2026, le Shtandart passe sous pavillon des Îles Cook. Son port d’attache est maintenant Avarua et non plus Saint-Pétersbourg. Sa propriétaire officielle est devenue Mariia Martus. 

Cook Islands ships registry TS Shtandart, 24 juin 2024

4. Évolution réglementaire et judiciaire de l’affaire Shtandart


Le 22 avril 2024, la participation du Shtandart au Festival des Vieux Gréements de Paimpol, du 23 au 25 août 2024, est annulée.

En Bretagne, le navire russe « Shtandart » n’est plus le bienvenu à Paimpol, Ouest-France, 22 avril 2024


Le Télégramme : le 30 mai 2024 L’association Iroise Ukraine manifeste à Brest contre le prochain projet d’escale du Shtandart dans cette ville ainsi que contre sa participation prévue aux fêtes maritimes de Brest. Le Shtandart étant toujours sous pavillon russe, l’escale du 1er et 2 juin n’est pas autorisée selon la préfecture maritime.

Attendu à Brest vendredi, le voilier russe Shtandart ne sera pas autorisé à faire escale, Le Télégramme, 30 mai 2024

À Brest, même en l’absence du Shtandart, ils se sont réunis contre la venue du voilier russe, Le Télégramme, 31 mai 2024


Ouest-France : Le 3 juin 2024, Ouest-France publie une tribune du député Jean-Charles Larsonneur : “La France n’applique pas la règle européenne.”

Le navire russe Shtandart à Brest ? « La France n’applique pas la règle européenne », Ouest-France, 3 juin 2024


Le 14 juin 2024, le média ukrainien Farvater publie un article consacré au Shtandart, alors basé à La Rochelle, qu'il présente comme un instrument de diffusion du « Russkyi Mir » (« monde russe »). L'article évoque les protestations de la communauté nautique en France et dans d'autres pays européens ainsi que la mobilisation de No Shandart In Europe, notamment avec le soutien de l'association Ukraine-Atlantique. Il affirme que le maintien du navire à La Rochelle constitue une violation des sanctions européennes et s'interroge sur son activité commerciale, son équipage et ses conditions d'exploitation. Plusieurs de ces dernières affirmations, notamment concernant l'absence de licences, le non-paiement d'impôts ou de frais d'amarrage et la situation administrative de membres de l'équipage, ne sont toutefois pas étayées par des sources citées dans l'article et doivent être considérées comme des allégations de son auteur. L'article précède de quelques jours l'adoption, le 24 juin 2024, de la décision européenne précisant que l'exception au régime d'interdiction d'accès aux ports pour certains navires s'applique notamment aux « répliques de navires historiques ».

Скандал у Ла-Рошелі: російський фрегат “Штандарт” ігнорує європейські санкції та пропагандує “Руські” цінності, Farvater.ua, 14 juin 2024


Le Conseil de l’Union européenne, par la décision PESC 2024/1744 du 24 juin 2024, précise que les répliques de navires historiques, dont fait partie le Shtandart, entrent bien dans le champ des sanctions portuaires. Comme indiqué dans le considérant 13, il s’agit d’une “précision” (clarification dans le texte anglais) et non pas d’un ajout.

Décision (PESC) 2024/1744 du Conseil modifiant la décision 2014/512/PESC concernant des mesures restrictives eu égard aux actions de la Russie déstabilisant la situation en Ukraine, 24 juin 2024


Le Télégramme : Le service communication du Secrétariat général de la mer (SGMer) déclare que la décision du Conseil de l’Union européenne ne s’applique pas au Shtandart.

« À nos yeux, il n’y a pas vraiment de sujet. Nous considérons que le Shtandart n’a pas été concerné par les paquets de sanctions adoptés contre la Russie. Pas plus que par le quatorzième et dernier, adopté ce lundi 24 juin”.

Les autorités françaises clarifient leur position au sujet du voilier russe Shtandart, Le Télégramme, 25 juin 2024


Actant le passage du Shtandart sous le pavillon des Îles Cook, le 24 juin 2024, les organisateurs des Fêtes maritimes de Brest confirment la participation du Shtandart à leur événement. Le Télégramme cite le porte parole du collectif No Shtandart in Europe.« Nous sommes encore dans un état de droit et l’Union Européenne vient de promulguer un règlement qui interdit strictement la venue du Shtandart à Brest et ailleurs ». De son côté, Vladimir Martus, le capitaine du Shtandart, réplique : « il n’y a désormais aucune raison pour que certaines personnes diffusent de fausses informations et des mensonges sur ceux qui soutiennent le Shtandart depuis toutes ces années »

Fêtes maritimes de Brest : le trois-mâts russe le « Shtandart » continue à agiter la polémique, Le Télégramme, 25 juin 2024


Préfet Finistère : Le 7 juillet 2024, le préfet du Finistère, en application de la décision PESC 2024/1744 publie un arrêté interdisant la présence du Shtandart dans les ports du département. [Préfet Finistère 1, 7 juillet 2024] [Préfet Finistère 2, 7 juillet 2024] Ceci a pour conséquence d’annuler la participation du Shtandart aux fêtes maritimes de Brest 2024. [France 3 / AFP, 8  juillet 2024]

Arrêté du préfet du Finistère, 7 juillet 2024

Communiqué de presse de la préfecture du Finistère, 7 juillet 2024

Fêtes maritimes de Brest 2024 : pourquoi le navire russe Shtandart est interdit d'accoster, France 3 / AFP, 8  juillet 2024


Selon Ici (ex France bleu), le Shtandart prévoyait de rejoindre le port breton dans la journée de ce mercredi (9 juillet 2024). Et en l'attendant, une vingtaine de personnes ont manifesté contre sa venue ce mardi devant l'hôtel de ville de Brest, parmi lesquelles l'ancien député Jean-Charles Larsonneur. Ici ajoute que Vladimir Martus a indiqué à l'AFP qu'il considérait que l'arrêté du préfet n'était "pas fait de manière légale"."Nous allons entrer à Brest avec le Belem et d'autres bateaux. Je ne sais pas si la police va m'arrêter ou pas, mais je vais essayer" 

Dans un communiqué, les Fêtes Maritimes de Brest indiquent avoir reçu des membres du collectif No Shtandart in Europe et de l’association Iroise-Ukraine, et que la Ville de Brest "se conforme aux décisions de l’Etat, seul compétent pour autoriser ou non ce navire". [Ici (ex France bleu), 9  juillet 2024] [RFI, 9 juillet 2024]

Interdit d'accès dans les ports du Finistère, le navire russe Le Shtandart veut tenter d'entrer dans le port de Brest, Ici (ex France bleu), 9  juillet 2024

Российскому паруснику «Штандарт» запретили швартоваться в порту Бреста, RFI, 9 juillet 2024


Le 10 juillet 2024, l'agence de presse ukrainienne Ukrinform rapporte que l'association Iroise-Ukraine, en collaboration avec l'initiative No Shtandart in Europe, avait obtenu l'interdiction pour le Shtandart de participer aux Fêtes Maritimes de Brest. Svitlana Jestin, présidente d'Iroise-Ukraine, indique avoir rencontré Fortuné Pellicano, adjoint au maire de Brest et président des Fêtes Maritimes, qui lui aurait confirmé que le navire ne serait pas autorisé à accoster ni à participer à la manifestation, conformément à l'arrêté du préfet du Finistère. La veille, les deux organisations avaient organisé un rassemblement à Brest pour demander l'application de cette interdiction. Ukrinform rapporte également la participation de Bernard Grua, présenté comme un militant français engagé depuis plusieurs années contre la présence du Shtandart, qui demande l'application des sanctions européennes. L'agence indique enfin que le navire, précédemment basé à La Rochelle, avait été retiré du site officiel des Fêtes Maritimes après y avoir été annoncé, tandis que Vladimir Martus contestait l'interdiction et annonçait son intention de la contester devant la justice… Cette dépêche est reprise par plusieurs médias ukrainiens tels que : Europa Pravda, Ostrov, Black Sea News, Unian et Media-Hub, Ukrainian Shipping Magazine. 

Russian ship denied entry to maritime festival in France, Ukrinform, 10 juillet 2024


Le 11 juillet 2024, devant le tribunal administratif de Rennes, le Shtandart perd son référé contre l’arrêté du préfet du Finistère [tribunal administratif de Rennes, 11 juillet 2024] Cette information est partagée par Ukrinform [Ukrinform, 12 juillet 2024].

Ordonnance Nº 2403878 du tribunal administratif de Rennes, 11 juillet 2024

У Франції апеляційний суд підтвердив заборону російському кораблю заходити в порти Фіністера, Ukrinform, 12 juillet 2024


Un patrouilleur de la Marine nationale l’empêche d’entrer dans le goulet de Brest. 

Photo : le Shtandart stoppé par un patrouilleur de la Marine nationale 


Le 12 juillet 2024, la Commission européenne confirme au collectif No Shtandart in Europe que le Shtandart est concerné par l’interdiction portuaire européenne.

Courrier de la Commission européenne au collectif No Shtandart in Europe, 12 juillet 2024


Le 14 juillet 2024, l'agence de presse russe RIA Novosti rapporte les déclarations de Vladimir Martus, capitaine du Shtandart, qui attribue à Bernard Grua, présenté comme un militant français pro-ukrainien et le fondateur du collectif No Shtandart in Europe, un rôle dans l'adoption des nouvelles dispositions européennes visant notamment les répliques de navires historiques. Selon Martus, Grua aurait contribué à l'introduction de cette disposition dans le cadre des sanctions européennes contre la Russie, après avoir alerté sur la présence du navire et contesté son maintien sous pavillon russe. Martus estime que le Shtandart a ainsi été visé à l'initiative du collectif. Cette information sera largement reprise par les médias russes.

Фрегат "Штандарт" стал мишенью проукраинских активистов в ЕС, RIA Novosti, 14 juillet 2024


Lors des Fêtes Maritimes de Brest en juillet 2024, l’interdiction d’accès du Shtandart, prise en application des sanctions européennes contre la Russie, donna lieu à une confrontation publique entre Vladimir Martus, capitaine et principal propriétaire du navire, et ses opposants. Le 16 juillet, Martus réunit ses soutiens à Brest pour contester cette interdiction. Selon Ouest-France, il attribua à Bernard Grua, porte-parole du collectif No Shtandart in Europe, un rôle déterminant dans la modification du texte européen, qu’il présenta comme le résultat d’une opération de lobbying. Grua défendit l’application des sanctions, tandis que Svitlana Jestin, présidente de l’association Iroise Ukraine, appela le capitaine à respecter l’interdiction et évoqua les victimes civiles des bombardements russes en Ukraine. L’article rapporte également que Martus entendait poursuivre son recours contre la décision et estimait à 45 000 euros la perte commerciale liée à l’absence du navire aux festivités.

« Une décision injuste de l’Europe ! » À Brest, le capitaine du navire russe banni à l’offensive, Ouest-France, 17 juillet 2024


L’agence TASS s’appuyant sur une communication de Vladimir Martus annonce que le Shtandart va faire accoster à La Rochelle. [TASS, 5 août 2024] Il y fait effectivement escale les 5 et 6 août 2024. Dans le même temps, le média russe, Spb Dnevnik, titre :” Le voilier russe Shtandart tentera à nouveau de violer les sanctions européennes.[Spb Dnevnik, 6 août 2024]”. Son confrère, Komsomolskaïa Pravda, titre de son côté : “Le voilier russe Shtandart va tenter pour la troisième fois de violer les sanctions européennes.” [Komsomolskaïa Pravda, 6 août 2024]

Российскому паруснику "Штандарт" разрешили заход в порт Франции,TASS, 5 août 2024

Российский парусник «Штандарт» попытается вновь нарушить европейские санкции, Spb Dnevnik, 6 août 2024

Российский парусник «Штандарт» сделает третью попытку нарушить европейские санкции, Komsomolskaïa Pravda, 6 août 2024

Le voilier russe Shtandart défie les sanctions et fait escale… à La Rochelle, Capital / AFP, 7 août 2024


Le préfet de la Manche prend un arrêté le 14 août 2024, interdisant au Shtandart l’accès aux ports du département. En conséquence, sa participation au Festival des Voiles de Travail de Granville est annulée. [Polska Agencja Prasowa / AFP, 14  août 2024] [France 3 / AFP, 14 août 2024] Le 23 août 2024, le Shtandart tente un accostage non annoncé à Cancale. Le préfet d'Ille-et-Vilaine prend un arrêté en urgence lui fermant les ports du département. [Le Télégramme, 26 août 2024]

Rosyjski żaglowiec Sztandart niewpuszczony do portu Granville, Polska Agencja Prasowa / AFP, 14  août 2024

Après avoir été banni des fêtes maritimes de Brest, le navire russe Shtandart interdit d'accoster dans la Manche, France 3 / AFP, 14 août 2024

À Cancale, le bateau russe Shtandart de nouveau interdit de port, Le Télégramme, 26 août 2024


Le mercredi 28 août 2024, le Shtandart fait une escale de ravitaillement pendant quelques heures à Port-Haliguen (Quiberon).

Le navire russe Shtandart, banni des ports européens, autorisé à accoster à Quiberon, France 3 / AFP,  28 août 2024


Le 14 septembre 2024, Michel Balique, président de l’association Amis des Grands Voiliers, déclare à France3 :

« Bien que les répliques de navires historiques soient désormais visées par les restrictions d’accès aux ports, le Shtandart ne semble pas concerné par cette mesure. L’interdiction cible les navires impliqués dans des activités commerciales générant des revenus pour la Russie (défense, sécurité, pétrole, énergie, sécurité alimentaire), ce qui n’est pas le cas du Shtandart. » 

Interdit d'accoster : l'incroyable odyssée du bateau "Shtandart" et de son capitaine russe à découvrir dans un documentaire, France 3, 14 septembre 2024


Le 18 novembre 2024, le Conseil d’État rejette le pourvoi du Shtandart contre l’arrêté du préfet du Finistère.

Arrêt Nº 496439 du Conseil d'État, 18 novembre 2024

Refoulé des fêtes maritimes de Brest, le navire "Shtandart", accusé de servir la propagande russe, échoue sur les rochers du Conseil d'Etat, France 3 / AFP, 27 novembre 2024


5. Mise en cause du porte parole de No Shtandart in Europe 

Sud Ouest, 6 septembre 2024 : Ces conditions difficiles génèrent « un stress extrême et une grande fatigue », auxquels s’ajoute la peur provoquée par les « menaces explicites » formulées par des opposants à la présence du « Shtandart », « y compris récemment des références à l’utilisation de cocktails Molotov contre le navire », ajoute Vladimir Martus.

Le capitaine dénonce également le « harcèlement » dont il est victime de la part du collectif « No ‘Shtandart  in Europe », dirigé par un entrepreneur nantais, qui mène depuis deux ans un travail de pression auprès des autorités et lance des appels à manifester à chaque escale annoncée.

Bannie des ports français, « la frégate russe « Shtandart » pourrait devenir un danger pour son équipage », Sud Ouest, 6 septembre 2024 


Le 31 octobre 2024, Me Thierry Clerc écrit à Bernard Grua pour le compte du Shtandart, de son capitaine Vladimir Martus, de son propriétaire Maria Martus ainsi que de la société Martus TV GmbH. Il précise que la marque “ Shtandart “ a été déposée à l’INPI, le 9 juillet 2024, par Martus TV GmbH. Il expose : 

“Aussi, par la présente, ma cliente vous met en demeure de cesser sans délai toute utilisation de ces dénomination, marque et nom de domaine, et vous demande de modifier les titres, articles, liens et hypertextes et de supprimer tout Hashtag et mots-clés contenant le nom de « SHTANDART» et de cesser toute diffamation ou injure à l'encontre de Monsieur Vladimir MARTUS ou du Shtandart. A défaut, nous saisirons les juridictions compétentes pour vous y contraindre.” 

Mise en demeure de Bernard Grua par Me Thierry Clerc pour le compte de Vladimir Martus, Clerc Avocats, 31 octobre 2024 


Le 23 novembre 2024, Vladimir Martus dépose une main courante au commissariat de police de la Rochelle pour “harcèlement en ligne (cyber-harcèlement)”, à la demande de Me Thierry Clerc. L’adresse des faits énoncés est le “port de plaisance de La Rochelle”. La date et l’heure des faits est le “1er janvier 2022”. Il convient d’observer qu’à cette date le Shtandart était en Grèce. Les sanctions européennes visant le Shtandart entreront en application quatre mois et demi plus tard. Vladimir Martus précise, par ailleurs,  qu'il n’est pas dans ses souhaits de porter plainte.

Main courante contre Bernard Grua et le collectif No Shtandart in Europe, Vladimir Martus, 23 novembre 2024


Le 9 décembre 2024, Vladimir Martus, porte plainte auprès du procureur du tribunal judiciaire de Nantes contre Bernard Grua, “qui a créé un groupe intitulé No Shtandart in Europe”, pour “diffamation, incitation à la violence et menaces”. Il se plaint aussi du fait que Bernard Grua ait largement partagé la mise en demeure de Me Thierry Clerc en date du 31 octobre 2024

Dépôt de plainte contre Bernard Grua créateur du groupe No Shtandart in Europe, Vladimir Martus, 9 décembre 2024


Il n’existe aucun élément public permettant de montrer que des suites judiciaires ont été données aux différentes procédures de Me Thierry Clerc et  de Vladimir Martus contre le porte-parole de No Shtandart in Europe 

6. Synthèse chronologique de l’année 2024


La revue de l’année 2024 révèle des différences significatives par rapport à 2023.  La participation du Shtandart a été annulée pour les évènements suivants : Escala a Castellón, Fêtes Maritimes de Brest, Iacobus Maris Experience de Vigo, Festival des Voiles de Camaret, Fête des Vieux Gréements de Paimpol et Festival des Voiles de Travail de Granville. Le Shtandart a, de plus, dû renoncer à ses escales à Denia, Brest et Cancale. 


Ainsi, à partir de début juillet 2024 et jusqu'à la fin de l’année, le Shtandart n'a pu participer à aucun festival maritime et n’a été autorisé à faire escale que dans les ports de Cee (Espagne), La Rochelle et Quiberon.

2025 — Une campagne européenne aux effets concrets 


Au cours de l’année 2025, suivant le programme du Shtandart, l’action du collectif sort de la France et de l’Espagne.


Le 1er mai 2025, le Conseil municipal de Boutcha fait part de sa reconnaissance aux activistes et à Bernard Grua qui militent pour l’application des sanctions portuaires prises à la suite des exactions russes dans cette ville.

Courrier de remerciement, municipalité de Boutcha, 01/05/2025


Le 5 mai 2025, l’agence de presse ukrainienne Ukrinform, dans un article en ukrainien, publie un entretien avec Bernard Grua, porte-parole du collectif No Shtandart in Europe (NSIE), au sujet des démarches engagées contre les escales du Shtandart en France. Le collectif avait notamment saisi le préfet du Morbihan avant la Semaine du Golfe, prévue du 26 mai au 1er juin, et adressé un courrier à l’organisateur de l’événement. Un appel à Gabriel Attal, alors président du groupe d’amitié France-Ukraine à l’Assemblée nationale, avait recueilli environ 60 signatures d’organisations françaises, espagnoles et ukrainiennes. Grua dénonçait les escales du navire à La Rochelle et aux Sables-d’Olonne malgré les sanctions européennes. 

Французькі активісти хочуть назавжди вигнати з країни російський вітрильник «Штандарт», Ukrinform, 05/05/2025


Le 5 mai 2025, l’agence de presse ukrainienne Ukrinform, dans un article en français, rapporte que le Shtandart a fait demi-tour sans accoster au Havre, après que le collectif No Shtandart in Europe (NSIE) eut adressé un courrier au préfet de la Seine-Maritime et à la direction du port pour demander l’application des sanctions européennes. Il rapporte également les accusations de NSIE concernant les liens du capitaine Vladimir Martus avec des structures russes et l’utilisation de motifs humanitaires pour obtenir des escales.

Le trois-mâts russe « Shtandart » n’a pas pu accoster au port du Havre, Ukrinform, 05/05/2025

1. La controverse autour de la Semaine du Golfe

a) L'opposition de NSIE à la venue annoncée du Shtandart 

Le 2 mai 2025, France 3 Bretagne rapporte que No Shtandart in Europe (NSIE) a adressé, la veille, un courrier au préfet du Morbihan pour s’opposer à la venue annoncée du Shtandart à la Semaine du Golfe. Le collectif invoque les sanctions européennes contre les navires concernés et rappelle les mesures d’interdiction déjà prises dans le Finistère, la Manche et l’Ille-et-Vilaine [France 3 Bretagne, 2 mai 2025].

L’article fait état de la colère de Thierry Verneuil, président du directoire de la Semaine du Golfe, à l’égard de la mobilisation. Tout en précisant que le navire n’a pas été officiellement invité et qu’aucun mouillage ne lui a été réservé, il se déclare favorable à sa venue et qualifie l’action de NSIE de « harcèlement » et d’« acharnement ». Le capitaine Vladimir Martus conteste lui aussi la représentativité du collectif, affirmant qu’il « ne représente qu’un seul homme, Bernard Grua ». [France 3 Bretagne, 2 mai 2025].

"On serait ravi de l'accueillir". Le bateau russe Shtandart pourra-t-il participer à la Semaine du Golfe, France 3, 02/05/2025

b) L'enquête d'Ouest-France sur les enjeux politiques et juridiques

Dans une enquête publiée le 23 mai 2025, Ouest-France examine la participation annoncée du Shtandart à la Semaine du Golfe malgré les sanctions européennes interdisant l’accès aux ports de l’Union européenne aux navires concernés. La journaliste Laëtitia Jacq-Galdéano replace cet épisode dans la succession des controverses de 2024 : tentatives d’accès aux ports français, manifestations contre le navire, contentieux administratifs et mobilisation de ses partisans. L’article examine également la manière dont les médias russes relaient les déclarations du capitaine Vladimir Martus et présentent les restrictions européennes comme des sanctions injustifiées [Ouest-France, 23 mai 2025].

L’enquête identifie explicitement No Shtandart in Europe comme un collectif de lanceurs d’alerte mobilisé depuis 2022 pour obtenir l’application des sanctions au navire. Elle mentionne les actions menées par le collectif contre sa présence en France ainsi que la plainte déposée par Vladimir Martus visant son porte-parole, Bernard Grua [Ouest-France, 23 mai 2025].

L’article revient sur les recours de Martus contre l’arrêté préfectoral du Finistère du 7 juillet 2024, puis contre des mesures similaires prises dans la Manche et en Ille-et-Vilaine. Il rappelle le rejet de sa demande en référé et celui de son recours par le Conseil d’État en novembre 2024. [Ouest-France, 23 mai 2025].

Enfin, l’enquête examine les conditions dans lesquelles le Shtandart a continué à fréquenter certains ports français, notamment La Rochelle, ainsi que les interrogations de responsables politiques et de représentants ukrainiens sur les effets de cette situation et sur l’utilisation du navire dans la communication russe. Elle présente l’épisode de la Semaine du Golfe comme une nouvelle illustration des difficultés d’application des sanctions. ENQUÊTE. Le navire russe « Shtandart » mène la guerre de Poutine jusque dans le golfe du Morbihan Ouest-France, 23/05/2025

2. Annulation de la participation aux Tall Ships Races 2025 

Le 25 mars 2025, Vanessa Mori, Deputy CEO de Sail Training International demande aux ports étapes des Tall Ships races d’accueillir le Shtandart.

Courrier de Vanessa Mori aux ports étapes des Tall Ships Races, Sail Training International, 25/03/2025


Le 15 juillet 2025, Sail Training International confirme avoir reçu des communications des ports d'Aberdeen (Royaume-Uni), de Kristiansand (Norvège) et d'Esbjerg (Danemark) informant que le Shtandart s'était vu refuser l'accès à leurs ports, en raison de la législation nationale ou européenne en vigueur. En conséquence, sa participation aux Tall Ships Races 2025 est annulée.

Statement regarding Shtandart’s participation In The Tall Ships Races 2025, Sail Training International, 15/07/2025


Après l’interdiction faite au Shtandart d’entrer dans le port d’Aberdeen pour participer aux Tall Ships Races, le consulat général de Russie à Édimbourg dénonce une mesure qu’il présente comme une manifestation de « russophobie » et de « cancel culture ». Dans une déclaration relayée par l’agence russe TASS le 18 juillet, il conteste la légitimité des restrictions britanniques. 

Russia’s Consulate General slams banning frigate Shtandart from entering Scottish harbor, TASS, 18/07/2025 


Parallèlement à sa participation aux Tall Ships Races, le Shtandart a prévu de faire une croisière avec des escales dans des ports de différents pays.

3. La croisière estivale internationale de 2025 et les restrictions d'accès aux ports 

a) Saint-Malo 

Le Shtandart prévoit de commencer sa croisière internationale à Saint-Malo, Ille-et-Vilaine. Le 20 juin 2025, l’agence de presse ukrainienne Ukrinform rapporte que Bernard Grua, porte-parole du collectif No Shtandart in Europe (NSIE), annonce que les autorités d’Ille-et-Vilaine ont confirmé que le Shtandart ne serait admis ni dans le port de Saint-Malo ni dans les autres ports du département. Selon Grua, la préfecture a indiqué qu’elle respecterait les sanctions de l’Union européenne et appliquerait son arrêté de 2024. Le collectif lui avait adressé un courrier afin de l’informer de la situation et de demander le respect de l’interdiction européenne dans tous les ports du département. [Ukrinform, 20/06/2025]

Ukrinform indique enfin que le navire, qui avait remplacé le pavillon russe par celui des îles Cook, avait annoncé un programme estival comprenant des escales au Royaume-Uni, en Irlande, en Norvège et au Danemark. [Ukrinform, 20/06/2025] [Shtandart, 12/06/2025]

Russian ship Shtandart banned from several French ports – activist, Ukrinform, 20/06/2025

Summer sailing plan, Shtandart, 12/06/2025

b) Jersey 

Le 26 juin 2025, le Jersey Evening Post rapporte que Ports of Jersey a refusé une demande de visite du Shtandart. Le capitaine du port, Bill Sadler, indique que l’autorité portuaire avait été contactée plus tôt dans l’année par les responsables du navire, mais qu’elle ne disposait pas de la « capacité » nécessaire pour accueillir cette visite. [Jersey Evening Post, 26/06/202]

Replica Russian frigate “caught in the storm of today’s geopolitics” denied entry to Jersey, Jersey Evening Post, 26/06/202

c) Saint-Cast-Le-Guildo 

Ne pouvant accoster à Saint-Malo, le Shtandart décide de partir depuis Saint-Cast-Le-Guildo. Le 3 juillet 2025, Le Petit Bleu rapporte que le Shtandart a mouillé au large de Saint-Cast-le-Guildo, dans les Côtes-d’Armor, le 2 juillet, à quelques centaines de mètres du littoral. [Le Petit Bleu, 3 juillet 2025].


L’article rappelle que l’arrêté préfectoral du 23 août 2024 interdit au Shtandart l’accès aux ports français au titre des sanctions européennes. Un porte-parole de la préfecture maritime confirme que le changement de pavillon ne suffit pas à soustraire le navire aux mesures restrictives. Le Shtandart reste donc au mouillage sans entrer dans le port de Saint-Cast-le-Guildo. Le voilier reprend la mer dans la soirée du 2 juillet, en direction de l’ouest. 

Côtes-d’Armor : Une frégate russe, interdite d’accoster en France, aperçue dans une baie, Le Petit Bleu, 3 juillet 2025.

d) Irlande


Le 6 juillet 2025, l’ambassade d’Ukraine en Irlande alerte les autorités portuaires concernant un éventuel accostage du Shtandart. Elle rappelle les interdictions européennes et qualifie le Shtandart de promoteur de la propagande russe. 

Courrier de l'ambassade d’Ukraine en Irlande aux autorités portuaires, 06/07/2025


Le 7 juillet 2025, la chaîne publique irlandaise RTÉ rapporte que le Shtandart est au mouillage dans la baie de Killiney, près de Dublin, au cours d’un trajet entre Saint-Malo et Aberdeen. L’association Ukrainian Action in Ireland  a adressé un courrier aux autorités maritimes irlandaises pour leur demander de refuser l’accès du navire aux ports irlandais .

Controversial replica of Peter the Great flagship anchors off Dublin coast, RTÉ, 07/07/2025


Le 8 juillet 2025, le média irlandais TheJournal.ie rapporte que le député Barry Ward, membre de Fine Gael et élu de Dún Laoghaire, demande au ministre délégué à la Marine d’intervenir pour faire éloigner le Shtandart des eaux irlandaises, alors que le navire est au mouillage dans la baie de Killiney, au sud de Dublin. Le ministère des Transports précise surveiller ses mouvements et avoir rappelé aux ports de Dublin et de Rosslare leurs obligations au titre du règlement européen n° 833/2014, notamment l’interdiction d’accueillir des navires ayant changé de pavillon ou d’immatriculation après le 24 février 2022. 

TD calls for 'Russian' replica sailing ship to be removed from Irish waters off, Dublin, TheJournal.ie, 08/07/2025

e) Royaume-Uni, Norvège et Danemark 

Comme l’indique le communiqué de Sail Training International, du 15 juillet 2025, le Shtandart a interdiction de faire escale au Royaume-Uni, en Norvège et au Danemark. Ceci annule ses escales prévues dans la cadre des Tall Ships Races : Aberdeen, Christiansand et Esbjerg. Il en est de même pour les accostages additionnels à Sandefjord, Stavanger, Harwich et les îles Anglo-Normandes. 

Programme de navigation pour l’été 2025, Shtandart.eu, 12/06/2025


Les 18 juillet et 15 août 2025, le département chargé des sanctions

du ministère britannique des Transports répond à des courriers de Bernard Grua concernant le Shtandart et remercie son correspondant pour les informations transmises. Dans sa première réponse, le ministère rappelle que les autorités portuaires britanniques sont responsables des décisions d’accès aux ports et qu’elles doivent refuser l’entrée d’un navire lorsqu’elles savent ou ont des motifs raisonnables de soupçonner qu’il relève des sanctions applicables. Dans la seconde, il prend acte des informations communiquées au sujet de possibles interactions du Shtandart avec plusieurs sites portuaires britanniques, notamment les îles Scilly, Inverie et Scapa Pier, tout en précisant ne pas pouvoir commenter les cas individuels relevant de sa compétence d’application des sanctions. [UK Department for Transport, 18 juillet 2025] [UK Department for Transport, 15 août 2025]

Letter from UK Department for Transport to Bernard Grua, 18 juillet 2025

Letter from UK Department for Transport to Bernard Grua, 15 août 2025


Le 10 décembre 2025, Alexander Francis Shaw,  sur Visegrad24, publie une critique de la campagne menée par Bernard Grua contre le Shtandart au Royaume-Uni. Il accuse l’activiste français, porte-parole de No Shtandart in Europe (NSIE), d’avoir semé la confusion auprès des autorités et des ports britanniques en présentant le navire comme un actif russe soumis aux sanctions et interdit d’accès aux ports. Selon Shaw, les démarches de Grua ont contribué à l’exclusion du Shtandart du port d’Aberdeen, à quelques jours du départ des Tall Ships Races, puis à la diffusion de cette décision à d’autres ports par le Border Policing Command. Shaw dénonce ainsi ce qu’il considère comme un précédent dangereux, dans lequel une campagne militante étrangère aurait influencé la politique portuaire britannique sans que les autorités aient publiquement établi le fondement juridique des exclusions.

How a Replica Russian Warship Exposed UK Border Chaos, Visegrad24, 10/12/2025. 

4. Escales et tentatives d'accès contestées 

a) Clogerhead (Irlande)

Le 9 juillet 2025, TheJournal.ie rapporte que le Shtandart a quitté les eaux irlandaises après un arrêt non programmé d’environ quatre heures à Clogherhead, port d’Oriel. Selon l’article, des membres de la Gardaí, la police irlandaise, ont visité le navire. 

Thomas Byrne, secrétaire d'État auprès du Premier ministre, du ministère des Affaires étrangères et du Commerce, et du ministère de la Défense, confirme que le navire n’avait reçu aucune autorisation d’accoster en Irlande et n’avait demandé aucune dérogation. Le ministère des Transports indique que les garde-côtes, qui surveillaient le navire à distance, ont alerté la police et les autres services concernés lorsqu’il leur a semblé qu’il était entré dans le port d’Oriel. L’article rapporte également que le ministre évoque, de manière générale, des activités russes destinées à désorienter les autorités locales. [TheJournal.ie, 09/07/2025]

Controversial 'Russian' replica sailing ship leaves Irish waters (but not before garda visit), TheJournal.ie, 09/07/2025


Le 14 juillet 2025, le média ukrainien Ukrainian Shipping Magazine (USM) rapporte que le Shtandart est entré dans le port de Port Oriel, près de Clogherhead en Irlande, dans la nuit du 9 juillet, sans demande préalable d’accostage. Les garde-côtes et le ministère irlandais des Transports ont examiné les circonstances de l’escale. [USM, 14 juillet 2025]

Російський «вітрильник Пєтра Пєрвого» без дозволу зайшов у порт Ірландії, Ukrainian Shipping Magazine, 14/07/2025

b) Îles Orcades (Écosse)

Le Shtandart a été refoulé par les garde-côtes britanniques alors qu’il tentait d’accoster à Scapa Pier ou de mouiller dans sa rade, dans l’après-midi du jeudi 15 juillet 2025. Vladimir Martus a déclaré : « Je ne trouve pas juste qu’on ne nous ait pas autorisés à jeter l’ancre aux Orcades. Il n’existe aucun droit légal permettant d’interdire l’accès au navire. »

Ship banned from Tall Ships Race due to Russian sanctions turned away at Orkney,The Scotsman, 17/07/2025

c) Hivde Sande (Danemark)

En août 2025, les médias danois TV SYD et TV MIDTVEST révèlent que le Shtandart a séjourné pendant plusieurs jours dans le port de Hvide Sande, à la fin de juillet, alors que le navire avait été exclu des Tall Ships Races d’Esbjerg en raison de son historique de navigation sous pavillon russe. L’AIS du Shtandart a été déconnecté entre la Norvège et les côtes françaises. Le port indique ne pas avoir eu connaissance de la situation du navire au regard des sanctions européennes. Selon TV SYD, le capitaine Vladimir Martus avait d’abord dissimulé cette escale prétendant avoir navigué au large. En raison d’un témoignage vidéo tourné à Hvide Sande il a ensuite reconnu y avoir accosté. Il a expliqué ne pas l’avoir signalée par crainte que Bernard Grua, « ce Français répugnant » selon ses termes, responsable du collectif No Shtandart in Europe (NSIE), alerte les autorités et empêche l’accès au port. Le navire aurait indiqué au port qu’il se dirigeait vers les Tall Ships Races, alors qu’il en avait déjà été exclu (TV SYD, 7 août 2025).

Cité par TV SYD et le média polonais TVP Info, Bernard Grua met en cause les liens du navire avec des intérêts russes. Les articles évoquent le changement de pavillon intervenu en 2024, le transfert du navire à la fille du capitaine, la gestion par une société “allemande” contrôlée par Vladimir Martus ainsi que son épouse, et les interruptions du système de localisation AIS. Grua estime que ces éléments soulèvent des questions sur un contournement des sanctions et présente le Shtandart comme un instrument de soft power russe. TVP Info rapporte également ses soupçons concernant les interruptions de l’AIS et d’éventuelles activités de renseignements (TV SYD, 7 août 2025 ; TVP Info, 8 août 2025).

Le 14 août, TV SYD et TV MIDTVEST annoncent que la police du Jutland central et occidental a ouvert une enquête de sa propre initiative sur cette escale, sans qu’aucune plainte ait été déposée. Les médias mentionnent les interrogations relatives à une possible activité d’espionnage, mais ne font état d’aucune conclusion policière établissant de telles activités (TV SYD, 14 août 2025).

Formodet russisk spionskib lå flere dage i dansk havn: Kaptajn Vladimir hemmeligholdt besøget, tvSyd, 07/08/2025

Propaganda i szpiegostwo. Tak rosyjska fregata omija sankcje, TVP Info, 08/08/2025

tvSyd opsporede mystisk russisk skib og dets kaptajn: Nu går politiet ind i sagen, tvSyd, 14/08/2025


Le 7 août 2025, la Commission européenne confirme une nouvelle fois au collectif No Shtandart in Europe que les sanctions portuaires s’appliquent au Shtandart. 

Courrier de la Commission européenne à No Shtandart in Europe, DG Fisma/Unité sanctions, 07/08/2025

5. L’ordonnance du tribunal de l’Union européenne du 22 août 2025

Le 6 septembre 2025, l’agence de presse ukrainienne Ukrinform publie un entretien avec Bernard Grua, porte-parole du collectif No Shtandart in Europe (NSIE), à la suite de la décision rendue le 22 août 2025 par le Tribunal de l’Union européenne concernant les sanctions applicables au Shtandart. Grua considère cette décision comme une étape importante dans le contentieux relatif à l’accès des navires russes aux ports européens, y compris les répliques de navires historiques.

L’article rappelle les escales du Shtandart à La Rochelle et sa participation à la Semaine du Golfe du Morbihan en 2025, ainsi que les mobilisations d’activistes pro-ukrainiens et de membres de la communauté ukrainienne auprès de différentes autorités locales. Bernard Grua critique également les positions prises par certaines autorités françaises, notamment le Secrétariat général de la mer, qui avait estimé que les sanctions ne s’appliquaient pas aux répliques historiques.

Interrogé sur les suites de la décision judiciaire, Grua estime que les initiatives russes présentées comme culturelles pourraient se poursuivre en Europe et décrit le Shtandart comme un vecteur potentiel d’influence russe. Il considère que le travail fondé sur les textes juridiques européens peut contribuer à faire évoluer le traitement de ce dossier.

Рішення суду ЄС щодо судна «Штандарт» стало переможним епізодом у боротьбі із впливом РФ у Франції - активіст, Ukrinform, 6 septembre 2025.

Ordonnance du tribunal de l’Union européenne, affaire T-446/24, 22 août 2025.


Le 17 septembre 2025, Sud Ouest rapporte que le Shtandart a de nouveau été autorisé à faire escale à La Rochelle, malgré les sanctions européennes. Interrogée par le journal, la préfecture de la Charente-Maritime justifie ces autorisations par les nécessités techniques et les conditions météorologiques, au nom de “la primauté du droit international de la mer sur le droit européen”. L’article rappelle le rôle du collectif No Shtandart in Europe dans la contestation des escales du voilier.

La Rochelle : le « Shtandart » encore autorisé à faire escale, en dépit de l’interdiction des navires d’origine russe, Sud-Ouest, 17/09/2025


Le Shtandart quitte La Rochelle le 17 septembre pour faire route vers Tanger. Il a prévu d’accoster à Portugalete (Espagne) et Cascais (Portugal).

6. Le passage vers la péninsule Ibérique 

a) Espagne 

Le navire a été signifié le 24 juillet 2024 qu’il avait interdiction de faire escale dans l’ensemble des ports espagnols. Le 27 juillet 2024, il a été expulsé des eaux territoriales et interdit de retour. 


Le 20 septembre 2025, le quotidien galicien Faro de Vigo, dans un article de Lara Graña, rapporte que le Shtandart navigue à proximité des côtes de Galice, dans les eaux territoriales espagnoles, après avoir quitté le port de La Rochelle le 17 septembre. Selon les données de positionnement AIS citées par le journal, le navire se trouvait ce jour-là à 2,7 milles nautiques au nord-ouest du cap Vilán [Faro de Vigo, 20/09/2025]


Le collectif français No Shtandart in Europe (NSIE) intervient directement dans l’article. Il avertit qu’une escale non déclarée ou une demande d’accueil pour des « raisons humanitaires » ne peut être exclue lors du passage du navire au large de la Galice. 

La fragata rusa «Shtandart», vetada por Bruselas, irrumpe en aguas gallegas, Faro de Vigo, 20/09/2025


Le 21 septembre 2025, le média espagnol Galicia Press rapporte le passage du Shtandart au large de la Galice, après un trajet depuis la France, et sa progression vers le détroit de Gibraltar. L’article cite le collectif No Shtandart in Europe (NSIE), qui considère que la route suivie par le navire dans les eaux territoriales espagnoles constitue une violation et estime que ses activités présentent des similitudes avec celles de la « flotte fantôme » russe. Le collectif affirme que Vladimir Martus, capitaine et propriétaire de fait du navire, cherche à éprouver l’application des sanctions européennes, et évoque la possibilité d’une demande d’escale pour motifs humanitaires. Galicia Press rapporte également la réponse de Martus, qui nie tout lien avec le gouvernement russe et affirme que le navire et son équipage ont été contraints à l’exil depuis une dizaine d’années.

Polémica por el paso de la fragata rusa Shtandart por aguas territoriales gallegas, Galicia Press, 21/09/2025

b) Portugal 

Le 22 septembre 2025, le Congrès mondial des Ukrainiens (Ukrainian World Congress) rapporte que Pavlo Sadokha, vice-président de l’organisation pour l’Europe du Sud et président de l’Union des Ukrainiens au Portugal, appelle la communauté ukrainienne du Portugal à signaler toute présence du Shtandart dans les ports du pays. Le navire, soumis aux sanctions européennes, aurait quitté les eaux françaises en direction de Tanger, avec une arrivée prévue le 27 septembre, et pourrait tenter de faire escale à Cascais ou dans d’autres ports portugais. Pavlo Sadokha évoque de précédentes escales en Irlande, en Écosse et au Danemark, ainsi qu’une tentative d’accès à Scapa Pier, dans les Orcades, qui aurait été bloquée par les garde-côtes britanniques. Il met en garde contre une éventuelle demande d’entrée fondée sur des motifs “humanitaires” et appelle à signaler les observations du navire afin d’organiser des actions de protestation.

Ukrainians urged to be vigilant as Russian frigate heads toward Portugal, Ukrainian World Congress, 22 septembre 2025


Le 22 septembre 2025, le quotidien galicien Faro de Vigo rapporte que le patrouilleur portugais Apúlia, basé à Leixões, a navigué pendant plus d’une heure parallèlement au Shtandart, au large de l’embouchure du Douro, après le passage du voilier dans les eaux galiciennes. Selon les données de positionnement citées par le journal, le navire avait annoncé une arrivée à Gibraltar le 26 septembre, alors que son site indiquait une destination directe vers Tanger. L’article mentionne le collectif No Shtandart in Europe et l’association des Ukrainiens du Portugal parmi les acteurs qui suivent la navigation du navire. Il rappelle que le Tribunal de l’Union européenne a confirmé l’interdiction d’accès du Shtandart aux ports européens et rapporte la position des collectifs, selon lesquels le navire sollicite des escales pour motifs “humanitaires” afin de contourner les sanctions. Il rappelle enfin que le port de Vigo lui avait refusé l’accès en 2024.

Una patrullera lusa escolta a la fragata rusa «Shtandart» para evitar su escala en Leixões, Faro de Vigo, 22/09/2025


Le 24 septembre 2025, l’agence de presse portugaise Lusa rapporte, dans Notícias ao Minuto, que l’Autorité maritime nationale portugaise, en coordination avec la Marine, a refusé au Shtandart l’accès aux ports du Douro et de Cascais, conformément aux sanctions de l’Union européenne contre la Russie. Après avoir vérifié l’absence de panne du système de propulsion ou de gouverne et le bon état de santé de l’équipage, les autorités ont maintenu le voilier hors des eaux territoriales et sous surveillance. L’article indique également que la police maritime a intercepté près de Lagos une embarcation semi-rigide transportant cinq personnes et des bagages qui auraient voulu rejoindre le Shtandart.

Portugal nega acesso de veleiro russo aos portos nacionais, Notícias ao Minuto, 24/09/2025 


 Le 26 septembre 2025, le média ukrainien Ukrainian Shipping Magazine (USM) rapporte que cinq membres de l’équipage du Shtandart ont été interceptés par la police et la patrouille maritime portugaises alors qu’ils tentaient, depuis la côte de Sagres, de rejoindre le navire à bord d’une annexe à moteur. Selon l’article, leurs déclarations ont été jugées contradictoires lors de leur interrogatoire. L’article rappelle que les autorités portugaises avaient précédemment refusé l’accès du navire à quatre ports et mentionne la coïncidence entre sa présence dans la région et l’exercice militaire de l’OTAN Tiger Meet 2025.

У Португалії затримали екіпаж підсанкційного російського судна «Штандарт», Ukrainian Shipping Magazine, 26/09/2025


Le 22 janvier 2026, le Bureau de planification, stratégie, évaluation et relations internationales du Ministère des Finances du Portugal (GPEARI - DMSPL) remercie No Shtandart in Europe de lui avoir transmis le document interne du Shtandart détaillant ses différentes tentatives d’accès aux ports du pays.

Courrier à l’attention de No Shtandart in Europe, GPEARI - DMSPL, 22/01/2026

7. Annonce du projet de croisière Kombat-Tour 

En novembre 2025, Le Télégramme rapporte qu'une agence de voyages russe, Kombat-Tour, basée à Smolensk, propose une croisière à bord du Shtandart le long des côtes bretonnes, prévue du 21 au 30 juin 2026, au tarif annoncé de 5 800 euros par personne. L'article rappelle que l'accès du navire aux ports européens est interdit au titre des sanctions européennes contre la Russie, interdiction dont l'application au Shtandart a été confirmée par plusieurs décisions juridictionnelles rendues en 2024 et en août 2025.

Une agence de voyages russe organise une croisière autour de la Bretagne à bord du Shtandart… interdit d’accès aux ports européens, Le Télégramme, 25/11/2025


Le 30 novembre, Le Parisien précise l'itinéraire annoncé, qui comprend une étape à Belle-Île-en-Mer, un passage près de Camaret-sur-Mer, un arrêt à l'île aux Moines et un débarquement à Saint-Malo. L'agence présente le voyage comme une croisière familiale participative. Vladimir Martus, capitaine du Shtandart, conteste l'idée d'une provocation et indique avoir déjà organisé une croisière avec Kombat-Tour. Le journal évoque à ce propos un voyage organisé en 2018, au cours duquel un passager aurait posé un drone sur la base navale de Brest.

L’étrange croisière pirate en Bretagne du Shtandart, la frégate « russe » bannie en Europe, Le Parisien,30/11/2025


Le projet suscite les critiques du collectif No Shtandart in Europe (NSIE), qui demande l'application des sanctions européennes. Questionné par Le Télégramme et Le Parisien, Bernard Grua, fondateur et porte-parole du collectif, s'interroge sur l'organisation d'une croisière commerciale par une agence russe et conteste les motivations avancées par le capitaine. Dans un reportage diffusé le 2 décembre 2025 dans l'émission Bonjour ! La Matinale TF1, le journaliste Karim Bennani présente NSIE comme un collectif international de lanceurs d'alerte mobilisé pour faire respecter les sanctions européennes. Bernard Grua y évoque, à titre d'hypothèse, la possibilité que le projet réponde à des objectifs dépassant le seul cadre touristique.

Le point K : Ce bateau russe qui inquiète les Bretons, TF1 info, 02/12/2025

Les réactions rapportées par la presse sont contrastées. Thierry Verneuil, président du directoire de la Semaine du Golfe du Morbihan, estime auprès du Parisien que les mesures visant le navire sont disproportionnées. La préfecture maritime de l'Atlantique indique au journal ne pas avoir été informée du projet et précise que les autorités étudient la situation afin de déterminer les mesures à mettre en œuvre. Le 2 décembre, TF1 relève que la croisière figure toujours au catalogue de Kombat-Tour, sans qu'il soit encore établi qu'elle pourra effectivement se dérouler en France.

8. Analyses géopolitiques et démarches auprès de la Commission européenne 

Le 28 septembre 2025, Desk-Russie publie une analyse du cas de La Rochelle, où le Shtandart est basé, consacrée aux difficultés d’application des sanctions européennes au navire. 

Quand le navire russe Shtandart et La Rochelle défient les sanctions européennes, Desk-Russie, 28 septembre 2025


Le 25 novembre 2025, le Diploweb publie une étude de cas qui examine la dimension géopolitique de l’affaire à travers les notions de soft power, de sharp power et de guerre hybride, en relation avec les stratégies d’influence russes en Europe. Ce document mentionne également le projet de croisière commerciale annoncé pour juin 2026 par l’agence russe Kombat-Tour.

Russie. Du soft power à la guerre hybride. Etude de cas d’une influence russe en Europe : le Shtandart, Diploweb, 25 novembre 2025.


Ces deux publications présentent les principaux axes de l’analyse développée par le collectif au cours depuis 2022 : l’application effective des sanctions européennes au Shtandart et la dimension géopolitique de ses activités. Plus tard ld projet de croisière Kombat-Tour, annoncé en 2025, sera explicitement mentionné dans les considérants de l’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026, qui encadre la navigation du navire dans les eaux françaises.

Le 27 décembre 2025, le média ukrainien Mind.ua consacre un article à la mobilisation menée par Bernard Grua et le collectif No Shtandart in Europe (NSIE) pour obtenir l’application des sanctions européennes au Shtandart. L’article rapporte que les militants ont saisi la Commission européenne par une notification préalable au titre de l’article 258 du TFUE — Manquement de la France à son obligation d’assurer la mise en œuvre effective des mesures restrictives de l’Union européenne (accès aux ports et services portuaires) concernant le navire russe « Shtandart ». [Mind UA, 27/12/2025]

L’article évoque des escales françaises, notamment à La Rochelle, que le collectif estime incompatibles avec l’application de ces sanctions, et oppose cette situation aux mesures prises dans d’autres pays européens, dont l’Espagne, l’Irlande et le Portugal.[Mind UA, 27/12/2025]

Il présente la campagne de NSIE comme un enjeu dépassant les seules décisions portuaires locales : celui de l’application cohérente des sanctions européennes contre la Russie. Il rappelle enfin le rôle antérieur de Bernard Grua dans la mobilisation contre la livraison de porte-hélicoptères Mistral à la Russie.

Активісти у Франції звернулися до Єврокомісії стосовно російського корабля «Штандарт», який ігнорує санкції ЄС, Mind UA, 27 décembre 2025


Dans un article d’analyse publié en décembre 2025, le média moldave Moldova News présente l’affaire du Shtandart comme un test de l’application des sanctions européennes contre la Russie. L’article mentionne le collectif No Shtandart in Europe et Bernard Grua, identifié comme l’une des figures publiques de la campagne, et rappelle son rôle antérieur dans les mobilisations contre la vente à la Russie de navires de type Mistral. Il rapporte les arguments des militants, qui contestent l’accès du Shtandart à certains ports français et mettent en cause l’interprétation des sanctions par les autorités locales. L’article oppose la situation française à celle de l’Espagne, de l’Irlande et du Portugal, présentés comme ayant refusé l’accès au navire, et relaie les accusations des militants concernant le rôle de Vladimir Martus et l’utilisation du voilier comme instrument d’influence russe. Il conclut que cette affaire met en évidence, selon son analyse, les difficultés de l’Union européenne à appliquer uniformément sa politique de sanctions.

„Shtandart” ca hârtie de turnesol a sancțiunilor: de ce o singură navă rusă scoate la iveală punctele slabe ale Europei, Moldova News, 29/12/2025


2026 — L'encadrement administratif et juridictionnel du Shtandart

1. De la gestion locale à l’encadrement national

Le 7 janvier 2026, Sud Ouest rapporte les déclarations de Patrice Bernier, maître principal du port de plaisance de La Rochelle, au sujet des escales du Shtandart. Selon celui-ci, le capitaine du navire adresse un courriel au responsable du port avant son arrivée ; celui-ci le transmet au préfet, qui peut ensuite solliciter le Secrétariat général de la mer pour obtenir une réponse au niveau national. Ces déclarations éclairent la chaîne administrative des décisions relatives aux escales du Shtandart à La Rochelle. 

« Il a menacé de donner mon adresse à des mercenaires » : un ancien bénévole du « Shtandart » convoqué devant la justice, Sud Ouest, 07/01/2026


Ce fonctionnement devient caduc en raison de l’arrêté des préfets maritimes du 5 mars 2026.

2. L’arrêté interpréfectoral du 5 mars 2026

En réponse au projet de croisière de Kombat-Tour, les trois préfets maritimes (Manche-Mer du Nord, Atlantique et Méditerranée) publient un arrêté le 5 mars 2026. Il interdit la présence du Shtandart dans tous les ports français et dans les eaux intérieures. Il encadre strictement la navigation dans les eaux territoriales. Celle-ci doit se limiter au transit inoffensif en route directe sans arrêt ni escale. Ces dispositions s’appliquent aux annexes du navire. Les escales de sécurité et de sauvegarde de la vie humaine restent possibles en application de la convention de Montego Bay et du paragraphe 4 de l’article 3 sexies bis du règlement européen nº 833/2014. Elles donneront toutefois lieu à enquête et pourront être à l’origine de poursuites judiciaires si les circonstances étaient prévisibles. La France est donc sortie d’une gestion locale au cas par cas des décisions relatives au Shtandart pour passer à mode opératoire unique.

Arrêté interpréfectoral réglementant la navigation du navire TS Shtandart dans la mer territoriale et les eaux intérieures françaises, Préfectures maritimes Manche-Mer du Nord, Atlantique et Méditerranée, 05/03/2026


Le 11 mars 2026, Ouest-France, présente l’interdiction du Shtandart dans les eaux intérieures françaises comme la fin d’une complaisance qui lui avait permis de continuer à faire escale en France, alors que sept autres pays européens — l’Irlande, le Royaume-Uni, la Norvège, le Danemark, la Belgique, l’Espagne et le Portugal — lui avaient refusé l’accès à leurs ports en 2025. L’article rapproche cette décision du projet de croisière commerciale du navire en Bretagne en juin 2026 pour l’agence de voyages russe Kombat Tour et des survols de drones de l’Île Longue en novembre et décembre 2025. Il rappelle que Kombat Tour se vante qu’en 2018 un de ses membres avait posé un drone sur la base navale de Brest, avant de le récupérer sans sa carte mémoire et après avoir reçu deux avertissements pour infraction à la loi. L’ancien député Jean-Charles Larsonneur salue la décision, tout en regrettant qu’elle intervienne plus de quatre ans après le début de la guerre et qu’elle vienne des préfets maritimes plutôt que du Secrétariat général de la mer. L’article rapporte enfin les remerciements de l’Union des Ukrainiens de France, au nom notamment d’Iroise-Ukraine, des sympathisants de No Shtandart in Europe et d’amis français de l’Ukraine, aux trois préfets maritimes pour la solidité juridique de leur décision. L’avocat de Vladimir Martus la conteste et annonce qu’il pourrait en demander la suspension.

Trois mois après le survol de l’Île Longue par des drones, le navire russe Shtandart interdit dans les eaux françaises, Ouest-France, 11/03/2026


Le 12 mars 2026, France 3 Bretagne rend compte de l’arrêté du 5 mars. Bernard Grua,  porte-parole du collectif No Shtandart in Europe estime que le navire, passé d’un instrument de soft power russe à un comportement plus agressif, cherchait à « tester la résilience des sanctions européennes » en s’imposant dans les ports. Christophe Galès, co-président d’Iroise-Ukraine à Brest, salue une « excellente nouvelle », dénonce la complaisance antérieure de certaines personnes et décrit le navire comme un symbole de l’impérialisme russe venu parader ; il rappelle les pressions exercées sur les villes qui l’accueillaient. Thierry Verneuil, président du directoire de la Semaine du Golfe, refuse de commenter l’arrêté, mais regrette ce qu’il qualifie d’« acharnement » contre le navire et son équipage et souhaite pouvoir l’accueillir de nouveau lors d’une prochaine édition.

"Il testait la résilience des sanctions européennes." Le navire russe "Shtandart", sous pavillon des Îles Cook, définitivement banni des ports français, France 3 Bretagne, 12/03/2026

Le 2 avril 2026, dans Le Télégramme, Paul Bohec rapporte les explications de Bernard Grua, porte-parole de No Shtandart in Europe, sur l’arrêté interpréfectoral du 5 mars. Bernard Grua qualifie ce texte d’« arrêté extraordinaire », « signé par douze étoiles ». Il résume la singularité de la situation française par cette formule : « Le Shtandart était une affaire française qui a duré près de quatre ans. Partout ailleurs en Europe, c’était réglé en quinze jours. » Il souligne le rôle de la mobilisation des associations ukrainiennes à travers l’Europe dans l’aboutissement de la campagne [Le Télégramme, 02/04/2026]

Bernard Grua estime que le projet de croisière commerciale du Shtandart organisé par l’agence russe Kombat Tour, avec une escale annoncée à Camaret-sur-Mer, constituait une « ultime provocation ». La préfecture maritime de l’Atlantique explique pour sa part que le texte vise à harmoniser l’application des mesures européennes sur l’ensemble du littoral français et à lever les ambiguïtés concernant notamment les annexes du navire.

Un arrêté extraordinaire » : pourquoi le Shtandart a été interdit des eaux françaises par les trois préfectures maritimes ?, Le Télégramme, 02/04/2026

3. Les escales italiennes et corses empêchées 


Le Shtandart prévoit en mai 2026 de faire escale à Palerme (Sicile), Cagliari (Sardaigne) et Bonifacio (Corse). No Shtandart in Europe alerte les autorités, les associations ukrainiennes et la presse.

a) Sicile et Sardaigne 


Le 7 mai 2026, le Bureau des politiques de sanctions du ministère italien des Affaires étrangères confirme à No Shtandart in Europe qu’à la suite de son premier courrier du 24 avril, les autorités compétentes ont diffusé une alerte à l’ensemble des ports italiens, et pas seulement à celui de Palerme, concernant une éventuelle présence du Shtandart dans les eaux italiennes. Le ministère précise que la surveillance du navire est continue et que, selon les informations recueillies, celui-ci navigue alors dans les eaux internationales au large de la Sicile orientale, sans faire route vers Palerme.

Courriel du ministère des Affaires étrangères d’Italie, Bureau des politiques de sanctions, 07/05/2026 


Il Sole 24 Ore précise que le Shtandart ne pourra pas accoster à Palerme, Sicile. L’Unione Sarda fait le même constat pour Cagliari, Sardaigne. Les médias rapportent que le navire navigue avec son transpondeur (AIS) déconnecté.

La nave scuola russa Ts Shtandart diretta verso Palermo: non potrà attraccare, Il Sole 24 Ore, 06/05/2026

Mistero in mare Nave scuola russa diretta a Cagliari: «Attracco vietato» Page 11, L’Unione Sarda, 06/05/2026

b) Corse

Le 12 mai 2026, le Centre des opérations de la Méditerranée (OPEM CECMED / PREMAR MED) confirme à No Shtandart in Europe que les ports de Corse ont été informés de la situation du Shtandart. Le courriel précise que le navire fait l’objet d’un suivi attentif des services et unités de l’action de l’État en mer, sous l’autorité du préfet maritime de la Méditerranée. Selon l’arrêté inter-préfectoral du 5 mars 2026, il rappelle l’interdiction de naviguer dans les eaux intérieures françaises et la limitation, en mer territoriale, au seul droit de passage inoffensif, qui impose un transit continu et rapide, sans arrêt ni mouillage. Le dispositif de surveillance doit permettre de signaler tout comportement contraire à l’arrêté avant sanction.

Courriel de CECMED, Centre des opérations de la Méditerranée, 12/05/2026


Ne pouvant accéder aux ports français et italiens, le Shtandart, AIS déconnecté, se dirige vers une autre destination sans que son site web ou les réseaux sociaux en précise la nature.

4. Le Monténégro confronté à l’application des sanctions européennes


Le collectif No Shtandart in Europe découvre que le Shtandart est au Monténégro entre le 10 et le 26 mai 2024. Il en informe les autorités, les associations ukrainiennes et la presse. Le Shtandart prévoit, par la suite, de revenir séjourner le long des côtes du Monténégro entre le 30 juin et le 3 août. No Shtandart in Europe alerte à nouveau les autorités, les associations ukrainiennes et la presse.

U Kotoru po prvi put jedrenjak Shtandart, Radio Kotor, 11/05/2026

Programme de navigation pour l’été 2026, Shtandart.eu, 28/05/2026


Le 4 juin 2026, le quotidien monténégrin Vijesti, sous la plume de Siniša Luković, rapporte que No Shtandart in Europe a adressé, le 20 mai, un signalement relatif à la présence du Shtandart dans les eaux monténégrines aux ministères monténégrins des Affaires étrangères, des Affaires européennes et des Affaires maritimes, ainsi qu’à la Commission européenne, au ministère italien des Affaires étrangères, à la préfecture maritime de la Méditerranée, à l’administration monténégrine de la sécurité maritime et à la direction du port de Kotor. Le courrier exposait les dispositions du règlement européen no 833/2014 relatives à l’interdiction d’accès aux ports, notamment leur application aux répliques de navires historiques et le fait que le changement de pavillon du Shtandart pour celui des îles Cook ne l’excluait pas du régime de sanctions. Selon Vijesti, le navire a quitté le Monténégro après la diffusion de ce signalement et a désactivé son transpondeur AIS. Le ministère monténégrin des Affaires étrangères a déclaré au journal avoir immédiatement contacté le ministère des Affaires maritimes après avoir reçu les informations concernant la présence du navire, en attirant son attention sur les mesures restrictives européennes en vigueur. Il déclare à Vijesti que le Monténégro est « pleinement aligné politiquement » sur la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne, y compris pour l’application des mesures restrictives contre la Russie. Il affirme que l’État reste engagé dans la mise en œuvre des actes européens adoptés en réponse à l’agression russe contre l’Ukraine et précise que l’organe permanent de coordination des mesures restrictives, dirigé par un représentant du ministère, travaille au renforcement du cadre juridique et institutionnel nécessaire à leur application effective.

Izbjeglica od Putina ili dio ruske “flote u sjenci”? Ruska fregata mogla bi Crnu Goru dovesti u neprilike sa EU, Vijesti, 4 juin 2026 


Le 9 juin 2026, Vijesti, sous la plume de Nikola Dragaš, révèle que le système antivirus des services gouvernementaux aurait bloqué un courriel de No Shtandart in Europe signalant la présence du Shtandart dans les eaux monténégrines. Selon Vijesti, le ministère monténégrin des Affaires maritimes a indiqué que le navire était entré légalement dans les eaux du pays, les autorités ne disposant pas alors d’informations valides sur son statut. Lorsqu’elles les ont reçues, le voilier avait déjà quitté les eaux territoriales. Le journal rapporte également que le Shtandart a été présent au Monténégro pendant environ quinze jours.

Was the antivirus delaying the capture of the Russian ship? How a replica of a frigate, which was on the sanctions list, sailed into Montenegro, Vijesti,  09/06/2026


En conséquence, le Shtandart ne revient pas au Monténégro entre le 30 juin et le 3 août 2026.

5. Le tribunal administratif de Rennes confirme l’interdiction au fond 


Le 28 mai 2026, par un jugement au fond de sa 6ème chambre, le tribunal administratif de Rennes a rejeté la requête (n° 2403856) de Martus TV GmbH, de Mariia Martus et de Vladimir Martus. Ce recours pour « excès de pouvoir » visait à faire annuler l'arrêté pris le 7 juillet 2024 par le préfet du Finistère, lequel interdisait l'accès et l'accostage du navire russe Shtandart dans les ports du département. Le tribunal a rejeté la demande au fond, confirmant la légalité de l'interdiction préfectorale et l'application des restrictions découlant de la réglementation européenne à l'encontre de ce navire. Ce jugement au fond fait suite à de précédentes procédures en référé, le 11 juillet 2024, et à un pourvoi rejeté par le Conseil d'État le 18 novembre 2024 sur la même affaire.

Ordonnance relative à l’arrêté du préfet du Finistère, affaire nº 2406504, Tribunal administratif de Rennes, 28 mai 2026.


Les décisions réglementaires, judiciaires et administratives relatives à l’interdiction d’accostage du Shtandart sont donc, en 2026 :

  • Article 3 sexies bis du règlement UE nº 833/2014

  • Décision PESC 2024/1744

  • Arrêté du préfet du Finistère, 7 juillet 2024

  • Ordonnance du Tribunal administratif de Rennes statuant en référé, 11 juillet 2024

  • Arrêté des préfets des départements des Côtes d'Armor, d’Ille-et-Vilaine et de La Manche

  • Arrêt du Conseil d'État du 18 novembre 2024

  • Ordonnance du Tribunal de l’Union européenne, 22 août 2025

  • Arrêté des préfets maritimes du 5 mars 2026

  • Ordonnance du Tribunal administratif de Rennes statuant au fond, 28 mai 2026


Le Shtandart est désormais basé en Turquie. Le 23 mars 2026, l’agence de presse turque Anadolu Ajansı a publié un article consacré au Shtandart, alo

rs amarré à Alanya. Selon son capitaine, Vladimir Martus, le navire était arrivé dans la ville cinq mois auparavant, après avoir navigué dans les ports européens.

Rus Çarı 1. Petro'nun gemisi "Shtandart"ın kopyası Alanya'da gençler için yelken açıyor, Anadolu Ajansı, 23/03/2026 



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